lundi 22 novembre 2010

Addictions cacaotiques by Vivi

Les contraintes :
Deux thèmes :« Blanc » « la Magie de Noël »

Quatre mots : « Certain…tableau…vertu…affiche »
Deux mots extraordinaires :« Alacrité » « Acervule »

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Certaine, j’étais enfin certaine, après une longue maturation, de ma décision d’arrêter, entre autres, la consommation de cet élixir de vie depuis des années.

Là, maintenant, à cet instant précis, il me fallait faire tablette rase de mes pensées nostalgiques et pulsions addictives sur la marchandise pour entrer en résistance. Dur ! Dur !

Déjà, toute mon enfance avait été outrageusement fidèle à la Blanche.

Ce fût longtemps ma préférée, non seulement par goût mais aussi parce que garante de la pérennisation d’aventures hallucinantes et héroïniques d’enfants amis de dauphins sous les cocotiers, auxquels la dite tablette donnait le pouvoir extraordinaire de renvoyer les rayons du soleil dans les yeux des ennemis de la Galaktie ! Ouah ! La vache, c’était de la bonne qui faisait planer!

Une fois, à La Planette- ma maison-un oncle, chauffeur- livreur, en avait même fourni une cargaison en l’absence de mes parents pour la naissance de l’extra-frèrestre de la famille. Les quatre aînés, nous avons fêté dignement l’évènement en cachette et en abusant de quelques deux cent plaques compressées de 100g en quelques jours ; ce qui se termina en overdose collective !

Le reste de la marchandise fût mis à l’abri par notre mère de retour de la maternité et la cervule du placard verrouillée. Nous devions nous contenter alors de rares barrettes, « snif !», d’un produit plus ordinaire, voire camelote qui terminait fondue au centre de nos brioches! Pauvres de nos estomacs !

Un jour, Marie-Jeanne, ma marraine ramena discrètement un coffret souvenir de spécialités suisses. Ma mère avait cru bien le protéger de nos ardeurs et dépendances mais, sans s’être dit l’heure, ni le mot entre les trois aînés, nous traficotions, curieusement sans jamais nous croiser. Nous nous risquions à soustraire de minuscules plaques Mike à pas de loup pour ne pas faire craquer le parquet de l’étage, tout en prenant soin de replacer consciencieusement leurs enveloppes aluminium vides dans leurs étuis restés bombés ; ce à chaque ligne et jusqu’à la dernière.

La découverte de la supercherie devant des invités laissa ma mère confuse et incapable de nous « attripper » ! En effet, jusqu’à ce jour aucune dénonciation dans la fratrie n’est à déplorer, mon père ayant bénéficié de forts soupçons du fait de son penchant notoire pour sa consommation et du fait que l’album se trouvait manifestement dans sa chambre ! Parfait alibi : nous étions des craks aidés par la genèse !

Pour tenter de faire oublier cet épisode helvète, nous suivîmes ensuite une petite cure de désintox avec l’aide d’une poudre blanche concentrée ,plus épaisse que nos parents nous Nestlaient à portée soit en conserve, en tube ou berlingot, capable de nous apporter un minimum d’énergie et de soutient dans nos efforts au quotidien.

Puis dans ma jeunesse, je me suis accoutumée à une autre préparation, parfois molle ou dure, ou coupée avec des noisettes, du riz, de la coco ou pouvant être consommée pure. La palme suprême revient à la majestueuse piémontaise Nue : tella meilleure à lécher à la cuillère et même au doigt !

Poulain d’or restant invariablement la deuxième nous stimula tout de même mon frère aîné et moi, dans un trot de compétitions. Lui s’appliquait à coller des petits coupons bleus sur des planches spécifiques en quantité suffisante afin de recevoir discrètement de petites mallettes en paquets poste dont il amphé tamine de ne jamais vouloir partager. Moi, je speedais dès le matin pour écrire de belles lignes sur mon Nezquick préféré.

Devenue adulte, j’augmentais mon champ d’évasion avec de la Brune : les goûts et les couleurs changent, le portefeuille aussi ! J’aimais bien me faire des shoots très régulièrement à fortes doses et fortes concentrations, de 55, 75 et même 99% à la recherche d’une à la crité inoubliable. Plus il y avait d’acides, plus les effets en étaient percutants. Je pouvais la trouver très pure, même bio et participer ainsi au commerce équitable !

Mais équitables n’étaient pas toujours ses effets sur ma silhouette, renforçant certaines zones plus sensibles que d’autres à sa consommation. C’est pourquoi, je venais de dresser un tableau récapitulatif de ses avantages et inconvénients pour me persuader de l’inévitable éviction de la pâte de cacao et de sucre afin qu’elle ne produise plus de gras sur moi et que je puisse enfin afficher un ventre plat, promesse d’une ligne !

Quasiment (mot dans lequel figure « presque » et « ment ») prête à me sacrifier sur l’autel de la raison, je ne pouvais tout de même pas renier de but en blanc les vertus essentielles du fruit de mon addiction : anti cholestérol, anti stress et du reste aphrodisiaque, bien en phase avec la réalité de mon âge actuel !

Remède et non plus aliment : voilà qui était bien apaisant et redevenait stimulant et puis le Chocolat au moins ça ne déçoit jamais !

Aussi, en dépit des décisions avancées, je m’octroyais, sans aucune culpabilité, une dernière prolongation pour les fêtes de fin d’année, période de trêve et parfois de neige : c’est ça aussi la magie de Noël …et selon la formule consacrée, remettais mes bonnes résolutions au prochain 2 Janvier !



Comme pour Tôntine Monique, de vous avoir raconté tout ça m’a donné soif :

« SVP, resterait-t-il un peu de Blanc ? »

lundi 8 novembre 2010

Beignets Aoutiens by Vivi

Cumul de contrainte (Arno style) :« Aérosol…bus…crème…sont » + « Caramel… vitriol…peine…caviar » + « Diastolique »



« Beignets au caramel, au chocolat, à la pomme pomme ! », s’égosillait le vendeur plagiste, tentant de se frayer un passage entre les corps huilés des vacanciers, serrés comme des sardines prêtes à griller sous le soleil.

Chacun, ici, revendiquait son lopin de sable, un minimum syndical délimité par un parasol central défiant toute imagination en matière de publicité mais d’une utilité indispensable en cas d’éloignement intempestif !

La serviette, traditionnellement en éponge et de grande taille, garante d’une certaine intimité était tirée à quatre épingles et ne souffrait aucune intrusion : le moindre petit grain de sable suscitait instantanément le courroux, surtout pendant la sieste diastolique*.

Alors, gare aux garnements qui s’autoriseraient à courir entre les serviettes et à leurs parents qui se devaient de bien les tenir ! Les Congés payés, c’est pour tout le monde mais les Vacances, aussi !

D’autant plus sacrées pour les Aoûtiens qui avaient attendu ce repos estival mérité un mois de plus, tout en bravant l’inquiétude d’une météo incertaine !

« Bronzer tranquille et de partout » était leur devise, histoire de narguer les collègues de bureau Juilletistes à leur retour et de faire perdurer un ton hâlé jalousé jusqu’à l’automne !

A peine après avoir quitté les nationales de France que ces Messieurs s’étaient confortablement installés dans leurs fauteuils pliants, une bière fraîche à portée,

-celle de la pub du parasol sinon comment auraient ils eu leur protection cet été ?-, le journal régional grand ouvert, servant d’alibi pour scruter tranquillement les bikinis environnants et éviter les reproches incessants de Mesdames.

Celles-ci, bien occupées à surveiller leurs progénitures, l’ombre pour la glacière, et à remplir leurs cases de mots croisés, avaient tout de même l’œil vitriolé ou un 6ème sens…

Le soleil arrivait à son zénith et des effluves de crème solaire, rivalisant de parfums, envahissaient l’iode marine à chaque brisée jusqu’à l’en étouffer.

Des jeunes filles, victimes de la mode et adeptes de la technique de la « crêpe » pour un bronzage parfait, se tartinaient le corps afin de profiter au mieux des ultra-violets, sans en abuser .

S’exposer ainsi nécessitait certaines règles strictes : commencer par la face, puis le côté gauche ; après le droit et enfin le dos, en prenant soin de défaire les attaches du maillot pour qu’elles ne laissent pas de traces, de respecter des rythmes identiques toutes les 15 mn, et de les renouveler sans intention de caviarder : ce n’est plus tendance !

Sont autorisées quelques interruptions pour baignade afin de rafraîchir le corps même si le plus souvent , les filles préfèrent se contenter de pulvérisations de gouttelettes d’eau pure en bombe aérosol, indispensable outil parmi les nombreux accessoires de leur sac de plage !

De quart d’heure en quart d’heure, un petit creux les tenaillait mais surtout la curiosité d’approcher d’un peu plus près le vendeur plagiste, le beau brun aux yeux verts et au torse nu, coiffé d’un Panama : un look d’enfer !

Leur appétit ne s’arrêtait pas à l’ingestion d’un beignet supplémentaire qui de toute façon ne porterait aucune atteinte à leur sublime taille fine, témoin de leur jeunesse.

Avec leurs cris de joies et leurs glorioles, il les avait maintenant repérées.

Mais chut ! Laissons-les se dépatouiller avec le jeune homme !



*sieste de basse tension, contraire à la sieste crapuleuse !

Paul Teurgeust By Fab

Consigne : 4 mots : acidulé, entaché, poltergeist, détaché

- Si ! Ah, si ! du lait... il m’a demandé du lait avant de refermer la porte derrière lui et de se coucher.
-Quelle heure était-il ?
-21 heures, comme tous les soirs
-Il dormait dans son bureau ?
-Oui, depuis quelques temps, il avait des problèmes de dos qui le faisaient atrocement souffrir. D’ailleurs, une kiné venait tous les matins. C’était plus pratique pour lui et puis, il ne voulait pas me déranger.
-Et ensuite ?
-Ensuite, je suis allée dans la salle à manger prendre mon repas.
-Seule ?
-Non, mon mari ne pouvait plus dîner avec moi, mais il tenait absolument à ce que je dîne avec Stéphane, son fils, afin de maintenir les liens familiaux, disait-il
-Était-ce le cas ?
-Non, hélas. Stéphane me déteste depuis le premier jour où son père m’a présenté à lui. Ses dîners se déroulent dans un silence glacial car nous n’avons rien à nous dire.
-Pourquoi vous déteste-t-il, selon vous ?
-Il pense que, compte tenu de notre grande différence d’âge, je n’ai séduit son père que pour son argent. Mais c’est faux, Monsieur le Commissaire, j’aime profondément mon mari. Certes, j’ai vingt cinq ans de moins que lui, mais les hommes de mon âge ou plus jeunes ne m’ont jamais intéressés. Et puis, mon mari est un être infiniment bon et sensible, généreux aussi bien sûr. Il a su me redonner confiance en moi, me protéger de la vie...
-Depuis combien de temps êtes-vous mariés ?
-Trois ans. C’est sûr que nous nous sommes mariés rapidement, mais Paul ne voulait pas attendre. Il avait déjà soixante dix ans et disait qu’il ne lui restait que peu d’années à vivre, mais qu’il avait droit au bonheur... avec moi... Et je vous assure, Commissaire, notre bonheur aurait été parfait s’il n’y avait pas eu Stéphane.
-Quels sont vos sentiments vis-à-vis de votre beau-fils ?
-Au début, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour qu’il m’accepte, non pas comme une mère, certes, mais au moins comme une amie. Et puis, son attitude, ses incessantes remarques désobligeantes à mon égard ont eu raison de ma patience et de mes efforts. Depuis, j’adopte, envers lui, une politesse tout à fait conventionnelle.
-Pouvez-vous me dire ce qu’il s’est passé ce soir-là ?
-Vers 22 heures, Marie, la servante avait desservi la table et était partie se coucher. Elle préférait ranger tôt le lendemain matin. Moi, je suis montée me coucher dans ma chambre, au premier. J’ai pris un somnifère, comme tous les soirs. J’ai lu quelques pages de mon livre mais me suis bien vite assoupie. J’ai été réveillée par un bruit de lutte. Ma chambre se trouve juste au-dessus du bureau. J’ai mis un peu de temps à reprendre mes esprits, pensant que j’avais fait un cauchemar. Plus aucun bruit ne se faisait entendre. Malgré tout, j’ai mis ma robe de chambre et suis descendue dans le bureau. La porte était fermée à clé.
-Était-ce normal ?
-Oui, mon mari dort peu et ne veut pas que Marie le dérange quand il lui arrive de somnoler.
-Et alors ?
-Alors, j’ai tapé à la porte et.... c’est Stéphane qui m’a ouvert. Il avait l’air aussi bouleversé que moi-même. Là, sur le plancher, ne restait que le pyjama de mon mari. En tas ! Cherchez-le, Commissaire, je vous en conjure !
-Nous ferons notre possible, Madame.
Brigadier, faites entrer Monsieur Stéphane.

Un jeune homme d’environ trente cinq ans entra. Ses traits, qui avaient su garder des expressions enfantines étaient réguliers. Il était plutôt bel homme. Tout comme sa belle-mère, il avait les yeux rougis et l’air égaré.

Le commissaire se mit à réfléchir, puis résuma :

-à 21 heures, vous , Madame, vous avez amené un verre de lait à votre mari, Monsieur Paul TEURGUEST, PDG des fameux « petits pâtés Teurguest », entreprise internationale. Il a refermé la porte à clé derrière vous. A 22 heures, Madame Eléonore TEURGUEST, épouse du disparu, êtes montée dans votre chambre.
Et vous ? Monsieur Stéphane ? Qu’avez-vous fait pendant ce temps-là ?
-je suis allé fumer un cigare et boire un cognac dans le petit salon.
-Vers 23h30, du bruit, vraisemblablement venu du bureau de votre mari vous réveille, vous Madame. Avez-vous entendu quelque chose, Monsieur Stéphane ?
-Vaguement. Le petit salon est situé loin du bureau, de l’autre côté de la maison. Cependant, je suis quand même allé voir si mon père avait besoin de quelque chose. La porte était fermée à clé. Je suis rapidement sorti car la fenêtre du bureau donne sur la façade. Celle-ci était cassée et ouverte en grand. Il y avait eu une lutte car des objets étaient renversés.
Quelqu’un a tapé à la porte. Je suis allé ouvrir. C’était Eléonore. Elle avait l’air très angoissée. Elle s’est mise à crier quand elle a vu le pyjama sur le plancher. Moi-même, je n’avais pas eu le temps de le voir. Mon père n’était plus là... il avait disparu.

-Pensez-vous qu’il puisse s’agir d’une fugue ?
-Une fugue ? vous n’y pensez pas, Commissaire, fit Eléonore d’un air incrédule. Au non, Commissaire, il n’y avait aucune raison. Paul semblait si heureux, malgré ses souffrances physiques. Et d’ailleurs, nous faisions tout notre possible pour les atténuer. D’autre part, nous n’avons jamais fait état devant lui de notre... mésentente, son fils et moi, dit-elle en regardant d’un air de reproche Stéphane.
-Monsieur Stéphane, quels étaient vos rapports avec votre père ?
-Excellents, Commissaire, fit ce dernier d’une voix chevrotante. Mon père est quelqu’un d’exceptionnel que j’admire plus que tout. Nous sommes très près l’un de l’autre depuis le décès de ma mère, il y a dix ans. Nous avons régulièrement de grandes conversations sur tous les sujets. Père est très ouvert et a une intelligence très vive. Je suis bouleversé que quelqu’un ait voulu lui faire du mal. Et si je n’avais pas vu sa femme devant sa porte et si bouleversée, j’aurais pensé que c’était elle qui avait manigancé sa disparition. Maintenant, je regrette... . Qu’en pensez-vous, Commissaire ?
-Je pense que Monsieur TEURGUEST a été enlevé et qu’une demande de rançon ne va pas tarder à arriver.
-Eléonore, pouvons-nous faire une trêve et unir nos forces pour le retrouver ? fit Stéphane en tendant la main à sa belle-mère
-Oui, Stéphane, mon vœu le plus cher est que nous le retrouvions, à n’importe quel prix !
-Je vais mettre le téléphone sur écoute, ainsi, nous aurons peut-être la possibilité de localiser les kidnappeurs. Je vous remercie tous deux de votre collaboration.

Le commissaire tourna le dos et partit. Il ne vit pas le regard étrange qu’échangèrent Stéphane et Eléonore. La haine qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre était leur alibi...

Eléonore se revit mettre un puissant somnifère dans le lait de son mari. Stéphane n’avait eu qu’à exécuter la suite du plan.
Stéphane... qu’elle avait aimé dès qu’elle l’avait vu et dont elle était la maîtresse insatiable. Elle avait passé trois longues années avec son père, ce vieillard malade et grincheux. Elle avait mérité d’être enfin heureuse et l’avenir s’annonçait radieux ! Evidemment, il allait falloir faire attention, très attention même pour que personne ne les soupçonne. Ensuite, leur rapprochement semblera évident, ils se « consoleront » tous deux de cette grande « perte ». Un léger sourire se dessina sur ses lèvres pleines et si bien dessinées.

Stéphane, quant à lui, admirait Eléonore. Non seulement elle était d’une beauté à couper le souffle, mais son côté fleur bleue doté d’un machiavélisme incroyable lui plaisaient plus que tout.
Ils allaient bien s’amuser avec l’argent du vieux. Ce vieux radin, qu’il avait supporté si longtemps... Évidemment, au début, il faudrait faire très attention, ne pas commettre d’erreurs.
Et si, par la suite, les années qui les séparaient venaient à lui peser, il saurait s’en débarrasser. Il était à la bonne école avec elle, elle lui avait apprit tant de choses....


FIN

MON ENCAS, MON CAS OU by Fab

C’est mon cas où, mon encas à moi.
Je ne l’ai jamais vu vertical, c’est mieux comme çà
Faut pas lui demander de parler,
Il n’a rien à dire, rien à raconter.

Avec lui, pas besoin de sentiments,
Comme d’autres sont artistes, il est amant
Et érige le sexe en religion
Qu’il pratique avec adoration

Les caresses sont ses mots et le sexe son expression
Il ne sait faire que l’amour, c’est un don
C’est mon encas à moi, mon cas où,
Croyez-moi, c’est un super bon COUP !

dimanche 7 novembre 2010

Arnostival 2 le retour de la revanche

Sur 3 exos : thème = une journée de merde + 4 mots = triptyque – pyriforme – oriflamme – dard + 2 mots extras = exogène & gamahucher

Mon triptyque matinal du réveil est perturbé. Je commence à me laver, puis je continue en fumant et je me force à prendre mon petit déjeuner. La mauvaise humeur était présente au saut du lit. Elle ne s’atténue pas après mon protocole inversé du réveil. Parfois cet automatisme matinal est complété par un bon vidage d’intestins. Ce matin, rien à faire, pourtant mon ventre gargouille. Je pars enfin au travail. Mon état ronchon s’amplifie dans la circulation. J’invective la plupart des conducteurs, de temps en temps directement les véhicules, que je croise. Je peux au bout de vingt minutes de route ma garer. J’entre dans le bâtiment. A peine j’ai le temps de m’installer que mon chef me saute sur le paletot. Il m’ordonne de la remplacer à la réunion de huit heures avec le commercial d’un fournisseur. A contre cœur je me rends dans notre salle de réunion pour le rendez-vous, dossier en main. Je sais que j’aurais du mal à me concentrer aujourd’hui. Je veux être tranquille pour faire mon train-train quotidien. Le vendeur est déjà présent à m’attendre. Je ne peux m’asseoir qu’il m’agresse par les salutations et présentations d’usage. Je lui rends sa politesse sèchement en espérant qu’il comprenne que je ne veux pas passer par les formules de copinage. Mais j’exige aborder tout de suite le fond du sujet de notre rencontre. Le message est passé. Il attaque prestement sa présentation. Il me transmet parcimonieusement des documents. Je déteste leur petit logo. Je comprends rien à leur oriflamme représentant pour moi un dessin pyriforme coupé d’un dard. Je me demande ce qu’ils veulent montrer avec cela. Je ne comprends pas aussi les explications du représentant, ce qu’il veut me vendre. Je n’avais pas cherché tout à l’heure à déchiffrer les précisions de mon supérieur sur cette réunion. Je n’avais pas eu la volonté. Mon je-m’en-foutisme reste. Je n’arrive pas à m’intéresser au débit de paroles de mon interlocuteur. Au bout d’une heure et demie d’écoute, sans avoir peu parler de mon côté, j’arrive à conclure notre rendez-vous. Je précise que je ne peux pas prendre des décisions à la place ma hiérarchie. Je rapporte dans l’heure ses arguments et documents donnés à ma direction. Celle-ci le contactera directement pour l’informer de leur choix. Nous nous saluons. Je peux au final quitter cet exogène chiant du commerce. De retour à mon bureau, je souffle, je respire, enfin tranquille. Je vais en plus pouvoir travailler librement. Mon supérieur a été obligé de partir gamahucher avec toute la direction pendant la journée entière. Merde ! Je dois écrire ce rapport de réunion d’achat où je n’ai absolument rien pigé. Quelle journée de merde ! il faut que j’arrête de sortir le soir pendant la semaine. Les charges que je me met ne me réussissent pas le lendemain.

Haiku nourrice par Arno

J’épingle la nourrice,
Après la prise, l’extincteur,
Chiffons envolés.

Arnostival (= Arno + festival)

Sur 3 exos : thème = Piment + 4 mots = fil – poteau – taureau – caillou + mot extra = Acétabule

L’opération devenait délicate d’attacher les acétabules avec du fil au poteau pour les faire tenir debout. Celles-ci étaient pleines à ras bord. Il ne fallait pas les fermer tout de suite. Nous devions laisser le liquide travailler. Le temps d’une dernière fermentation, ce liquide s’évaporait un peu. Mon grand-père délaissait les amphores pendant plus d’une semaine. Moi, chaque jour, j’allais voir le résultat de cette transformation biologique. Son odeur s’accroissait de jour en jour, m’attaquant les narines. Le jour fatidique arriva. J’accompagnais mon aïeul et mon père à la dégustation du breuvage. A l’entrée de la salle, je voyais la joie sur leurs visages en humant le parfum dégagé par les acétabules. Mon grand-père avait l’air de rajeunir. Par un discours cérémonieux, il m’annonça que j’avais l’âge de goûter le breuvage sacré. Celui-ci m’apportera vigueur et force comme un taureau. L’ancien débuta, suivi de mon père. Ils ne bronchèrent aucun mot tous les deux. C’était mon tour. Suivant leur conseil, je bu une petite gorgée de la louche. A peine arrivé en bouche, cet ersatz de vin ou vinaigre, fortement pimenté, détruisait mes papilles gustatives. Je ne pu que déglutir alors que j’aurais du recracher. L’alcool attaquait mes parois internes. Mes poumons et mon estomac explosaient. J’essayais de tousser pour respirer mais impossible, comme si j’avais avalé un caillou bloquant ma trachée. Mon père me frappa sèchement dans le dos. J’aspirais de nouveau, les yeux pleins de larmes. Je venais de passer l’épreuve initiatique des hommes de ma famille : survivre à la boisson ancestrale. Celle-ci était un secret de fabrication. Pure, elle ne pouvait pas vraiment se boire. Depuis des générations, mes ancêtres la mélangeaient, une fois à maturité, parfois avec du vin, sinon avec du vinaigre et aussi avec de l’huile. Ils vendaient quelques bouteilles de vin doux pimenté illégalement aux connaisseurs. Par contre dans les marchés des environs, seule était reconnue légalement la vente de nos produits pimentés, huile et vinaigre.

« Les Antilles » Kaïkaï par Vivi

Boudin aux pommes
Amène trop la saveu
Doudou agoulou !


Ti-punch au planteu
Amène trop la chaleu
Ka fé cho zouker !


Ti-punch au Kréyol
Amène trop la chaleu
Doudou bay on bo !

(Chéri donner un baiser !)

Ti-punch aux Antilles
Amène trop la chaleu
Ah Golo Golo !

« Carnet de voyage » by Vivi

Fidèle compagnon des fois jusqu’au Bout du Monde
Montant la garde quand la pensée est soudaine, féconde
Tu offres entier, ton cœur et tes pages à nu
Pour les habiller, leur donner à chacune une vertu
Des mots y gravent les rencontres de grand chemin
Quelques coups de fusain croquent un bout de destin
S’y adonnent des fantasmes, des rêves parés d’aquarelles
Se composent des reportages quelque soit les âges
Avec des souvenirs exposés pêle-mêle en photos-montages
L’intrépide globe-trotter ou l’intuitif blog-trotteur
Sillonnant la Planète, de Tombouctou jusqu’aux Antilles
Sa créativité sur mode vibreur, l’empêchant parfois de dormir tranquille
Voyage une vie ou toute la vie pour t’enrichir de son labeur.

A Serge, mon frère : extrait remanié de son « 50ème Nénéversaire » by Vivi

Exercice 4 mots :« Mousse…travers…clair…portable »

Je devais admettre, à postériori, sur moi son avantage
De n’avoir peur de rien alors que j’avais peur de tout
Ceci certainement du à l’insouciance de son jeune âge
Et d’avoir besoin d’elle comme d’un cobaye : aujourd’hui, je l’avoue !
En effet, tout petit, ma seule gloire avait été de crier « caca-pot !»
Pour me risquer sur la vielle mousse du Petit Pont de bois de « La Planque »,
Je manquais clairement et à chaque fois de courage, de culot
Préférant en tester la solidité grâce à ma petite sœur, au cas où une traverse ne manque.
Puis, pour la remercier, je jouais avec elle à bataille navale dans le ruisseau
Faisant au passage des coups bas afin qu’elle tombe à l’eau
Espérant réaliser ainsi un doublé rusé : la fessée en rentrant
Qu’elle parvenait à esquiver en allant se sécher chez les grands parents :
Une façon bien à elle de me renvoyer la balle !
Du coup, je perdais toute maîtrise car plus rien n’était rapportable !

mercredi 20 octobre 2010

Cupidon par Vivi

4 Mots : « Flèche…corail…malédiction…vent »



Avec des flèches de désir plein son carquois, cet Ange de l’Amour, capricieux à souhait, s’essayait à rendre les humains amoureux, comme l’exigeait sa mission.

Fort de sa petite expérience en tirs, une de ses munitions ripa malencontreusement sur le parterre de corail d’une île et atterrit dans l’eau.

Un poisson fût innocemment touché par le tendre missile qui ne lui était pas destiné.

Malédiction pour les amoureux du signe du Poisson car depuis ils nagent en eaux troubles ! Avoir un « Poisson » comme partenaire, ce n’est pas « nager dans le bonheur » mais risquer des réactions nébuleuses, voire imprévisibles.

En effet, vous qui pensez avoir rencontré l’âme sœur au corps de Sirène ou l’âme-frère en taquinant le goujon et qui avez mordu à l’hameçon, vous croyez être heureux comme un poisson dans l’eau !

Méfiance ! Gare aux possibles écailles, pardon écueils de votre relation.

Ce partenaire peut vite avoir la mémoire courte d’un poisson rouge et vous prendre le bocal !

Plus en confiance, quand il y a « anguille sous roche » ou « murène sous patate » : ne restez pas muet comme une carpe car il va essayer de noyer le poisson ! Faites- vous entendre sans monter trop fort le thon au lieu de vous engueler comme du poisson pourri, de vous traiter de « vieille Morue » ou de « sale Maquereau » !

Aqua bon boire la mer et tous ses poissons si votre partenaire a le défaut extrême d’être avrilopiscicophiliste, il vous posera un lapin et votre histoire sentimentale se terminera en queue de poisson.

A la réflexion, je ne pense pas que le petit plaisantin, responsable de ces méfaits ne s’en soit jamais vanté : « il est des jours où Cupidon s’en fout ! »

mardi 28 septembre 2010

LE PIMENT haïku de Diego

LE PIMENT

Long comme une bouche
Vif comme des coups de fouet
Et puis tout s’enflamme.

VICTOIRE par DIego

Couper le fil avant l’adversaire sympathique
Et pour moins d’une seconde le coiffer au poteau
Voler comme un caillou et rendre à l’esthétique
La primitive force brute du taureau.

Les Poux par Diego

LES POUX

Une épingle à nourrice en travers du nez, trois bouts de chiffons en guise de jupe et un vieux débardeur bien trop grand, elle déambulait entre le Pont La Feuillée et le Quai Saint Antoine, aguichant le passant en quête d’exotisme facile pour mieux le narguer une fois la pièce soutirée.
On aurait pu croire à son accent qu’elle était anglaise, et à sa chevelure de feu irlandaise, mais un henné qui avait mal viré et l’élocution pâteuse des junkies expliquaient l’un et l’autre. Malgré tout les badauds s’y laissaient piéger et loin de moi l’idée de leur jeter la pierre : je fus l’un d’eux !
Le jour où, penaud, je me confiai à ma mère et que, fouillant dans ma tignasse de jeune qui veut bouffer le monde elle y trouva non seulement des poux, mais aussi des lentes, je pavoisai moins. Inquiète à l’idée que mon père puisse s’en apercevoir, lui pour qui tout parasite qui soit et quelle qu’en fut sa provenance était affaire de miséreux, elle utilisa en ces temps de vaches maigres les moyens du bord.
Pour me défaire de l’invasion naissante elle me fit passer une nuit entière la tête imbibée de pétrole lampant et enturbannée dans une serviette. Efficace en diable contre les anoploures et leur progéniture certes, mais aussi pour vous dessécher le cuir chevelu et vous donner l’impression qu’un élastique géant vous enserre le crâne et cherche à le fuir par le haut en permanence. J’avais des envies furieuses de me marteler le crâne à coups d’extincteur. Par bonheur mes parents n’en possédaient pas ! Je tins bon.
La morale de cette aventure de jeunesse c’est que si depuis j’ai donné prise quelquefois encore à des émois passager pour des qui ne semblaient pas autochtones et trémoussaient des hanches (fan de Ferré « j’aimais déjà les étrangères quand j’étais un petit enfant »), j’en restai toutefois à une distance de sécurité respectable et m’en suis toujours bien trouvé !

Acétabule par Diego

ALCHIMIE

L’acétabule piriforme luirait des ors d’un soir tombant
sur son ais frêle taillé de l’orme, loin des fourneaux fourbis pourtant.
Couvant en la cocotte ronde, par le couvercle marmottant,
le riz au gras tout mitonnant dirait en effluves sa faconde.
Les tubercules alignés tous voués à la mandoline
espéreraient huile et sabines pour batailler en saladier.
Tout reposerait, ascétique, durant ce long moment de grâce
en savourant le temps qui passe, douceur de vivre balsamique.

Un soir d'atelier Par Vivi

4 Mots « Epingle…chiffon…extincteur…prise »


Voulant encore une fois sortir son épingle du jeu pour « bloger » à souhait, Monique, en manque d’inspiration pour le nouvel exercice de l’atelier d’écriture, vociféra son mécontentement à l’assemblée.

Est-ce le punch des Iles qu’elle avait sifflé en ce début de soirée ou ses neurones qui n’étaient pas assez innervés ? Elle prétendait ne jamais avoir eu connaissance de la règle du jeu concernant l’ordre des mots dans les exercices. Et par là même se plaignait de ne jamais avoir mélangé « chiffons et serviettes » dans ses textes, revendiquant du coup un mérite plus grand !

Il faut dire que les mots avaient eu du mal à sortir de la bouche de notre professeur….en dilettante semble-t-il ce lundi, à tel point que l’extincteur fixé au mur en face de lui l’avait inspiré… : peut-être avions nous échappé à pire ?

Mais Monique, encore énervée, se cogna malencontreusement un genou sous la table. Nous étions tous inquiets pour notre Tôntine quand Arnaud qui ne faisait pas qu’éponger l’alcool de la soirée mais aussi les gouttes de transpiration sur son front avec son chiffon à carreaux (entre nous soit dit, il avait choisi la seule place qui ne soit pas stratégique, c'est-à-dire celle sous le ventilateur d’où il ne pouvait en aucun cas ressentir les effets !), la soulagea sous la table.

Quand Monique soupira de plaisir, quelle ne fût pas notre surprise !!!

lundi 27 septembre 2010

Mot extraordinaire : Acétabule

Supplique à n'importe quel ado...

Je te le dis sans préambule,
Je suis fatigué de tes bulles
Et de tes jeux de mandibules
Chaque fois que tu déambules
De la cuisine au vestibule.
Toujours en plein conciliabule,
Aussi absent qu'un funambule.
Assez ta bulle ! Assez ta bulle !!!

Par Tôntine Mônique !

dimanche 26 septembre 2010

'En panne' de Vivi

" galet...voler...roue...feuille"

Quelle galère ces exercices de l'atelier d'écriture!
Je dois me creuser les méninges tous les lundi soirs.
Pas un once d'imagination alors je glane des idées auprès de quelques muses;
espère qu'elles volent à mon secours pour que je m'amuse enfin avec les mots.
Ce soir, comme souvent, je me sens complètement rouillée et je suis encore en train de sécher sur ma feuille!

mardi 14 septembre 2010

NUIT D’IVRESSE OU DELIRIUM (PAS SI MINCE QUE CA !) par Fab

La chaise était inclinée, tout comme la table et les meubles, d’ailleurs… quant au lit, il n’arrêtait pas de tourner. Pire qu’un manège, à m’en donner la nausée….
Mes amis de l’atelier d’écriture venaient tout juste de partir et il semblait qu’un apprenti sorcier s’amusait avec mon mobilier !
J’avais soif ! mais je n’arrivais pas à ouvrir la porte du frigo qui faisait de grands mouvements. A droite, à gauche, à droite, à gauche… Fallait être plus maline qu’elle et la choper par surprise. Çà y est ! la tenant fermement par la poignée pour qu’elle arrête ses balancements, je luis chuchotais des mots doux pour la dompter et hop ! je l’ouvris prestement pour y prendre une canette. Heureusement, je savais toujours à quel endroit précis étaient les canettes. Je ne les rangeais jamais au hasard. Je refermais cette porte tout aussi rapidement, mon butin bien serré contre moi, car maintenant, c’était le plancher qui faisait des siennes. On se serait cru sur le pont d’un navire, par grosse tempête. Me tenant contre les murs, je remontais la coursive pour atteindre le canapé. Il se trouvait au milieu de la pièce et je devais faire quelques pas dans le vide. J’attendis quelques secondes pour bien m’imprégner du roulis : toutes les sept vagues, un grosse vague, puis une moins grosse, et enfin, une petite…
Un, deux, trois, je me lançai pour me jeter sur le canapé. C’était pas si mal que çà, mais j’étais tombée à genoux, me cognant le menton contre l’accoudoir en bois massif. Un goût de sang envahit ma bouche. J’escaladai vite pour me mettre à l’abri. Il n’aurait plus manqué qu’un requin passe par là....
Heureusement, je n’avais pas perdu ma bière et, après l’avoir ouverte, m’apprêtai à la déguster. Zut, j’avais oublié le roulis et en renversai la moitié…. Je mis fermement ma bouche autour du goulot pour la terminer. Çà faisait du bien ! J’aurais dû le prévoir, j’eus aussitôt une envie irrépressible de pisser.
Pour ne prendre aucun risque, je décidai de rejoindre la salle de bain à la nage, car j’avais pied. Par temps calme, elle n’est pas si loin que çà du salon, mais avec un vent contraire, ce fut une autre affaire. Un moment, je fus tentée de faire pipi dans la mer, mais non, que diable, un peu de tenue !
J’arrivais épuisée aux toilettes. J’eus à peine le temps de souffler. Voilà déjà que je les empoignais à deux bras pour ne pas qu’elles s’éloignent et tentai de me relever. La manœuvre était délicate car, sitôt debout, il fallait aussi sec se retourner et s’asseoir.
Au prix d’immenses efforts, je me mis donc debout, et là… grand noir !
Ce n’est que le lendemain matin que je m’aperçus, nageant cette fois-ci dans le vomi et l’urine que ma tête avait cogné contre un tas de bouteilles vides.






Elle s’appelait Liane. Elle était belle, très belle et s’était toujours servie des hommes pour assouvir son immense envie de richesse.
Saint-Barth l’été, Avoriaz l’hiver, elle ne voyait des rivières qu’en diamants et ne parlait jamais de solitude mais de solitaire….
Elle choisissait longuement sa proie car il fallait que celle-ci ait du répondant et puisse durer au moins quelques années…. Ensuite, ce n’était qu’un jeu d’enfant pour elle de se faire aimer. Aimer à en perdre la raison. Elle ne lâchait son gibier que lorsqu’il était exsangue, ruiné, au bord du suicide, pour aller en cueillir un autre.
Les héritiers la fuyaient. Les femmes des grands magnats la détestaient et priaient au fond de leur cœur pour qu’elle ne choisisse pas leur mari « en or ».
Et chacune s’accordait entre elles pour la surnommer : la Liane étrangleuse.

DESTIN COMMUN par Fab

A l’ombre d’un niaouli,
Deux papillons unis.
L’un vit le jour, l’autre la nuit
L’un éveillé, l’autre endormi
L’un est femelle et l’autre mâle,
N’y voyez aucun mal.

L’un est bleu et de velours noir bordé
L’autre, marron, antennes courtes se trouve laid.
Mais les lois de la nature
sont impénétrables
et alors que rien ne dure,
ils devinrent inséparables

Papillon de jour folâtrait dans les fleurs de la brousse
Papillon de nuit s’enivrait des senteurs sous la lune rousse
à l’aube ou aux rayons crépusculaires
au moment où tous deux étaient posés
chacun avec tristesse racontait
ses aventures solitaires.

Alors ils décidèrent de tout partager
car le monde n’est beau qu’en entier
et tout ce qui aurait dû les éloigner
d’une conversation passionnée devint le sujet.
Ils échangeaient tout
les couleurs et les goûts.

Bien vite, un amour éperdu
remplaça l’amitié du début.
Mais la fin de l’été approchait
et la leur avec, ils le savaient...

alors, dans un ultime effort,
dame papillon pondit le fruit de leur accord
et entoura de ses belles ailes
son ami, compagnon fidèle
pour l’éternité...

Maintenant, en Calédonie,
à l’ombre des niaoulis,
tous les papillons sont BLEU NUIT !