jeudi 27 mai 2010

Banc public par FabFab

Les feuilles tombent. Et la pluie aussi. Noyant les larmes de la fille assise là, seule , dans ce parc triste et gris.
Maintenant, « elle pleure à gros bouillons » comme disait l’autre. J’ai peur que ma peinture n’y résiste pas.

Un garçon passe et, ému, s’arrête et s’assoit. Il attend, là, il ne sait pas quoi dire. Au bout d’un moment, comme elle renifle, il lui tend un kleenex. Qu’elle prend et s’en va en se mouchant. Il a l’air bête avec ses kleenex tendus. Alors, il s’en va à son tour.

Le lendemain, elle est encore là. Il fait un peu moins froid et triste. Elle ne pleure plus mais elle a l’air grave et pensif. Le garçon arrive à son tour. Il est tout heureux qu’elle soit là. Surtout qu’aujourd’hui, il peut voir on visage. Qui est si beau et si enfantin, mais si ravagé de peines qui ne semblent pas de son âge, qu’il en est bouleversé.

Dès qu’elle le voit, elle se met à pleurer. Et part en courant. Lui, il ne comprend pas. Il reste là, stupide. Il ne comprend pas qu’il représente les garçons qui lui ont fait tant de mal que, sûr, elle va en mourir. Que plus jamais de sa vie, elle n’aimera. Ou alors, pas tout de suite. Ou alors beaucoup moins.

Le lendemain encore, le premier bourgeon apparaît au-dessus de moi. L’air semble léger, presque printanier. Le garçon est là, depuis une heure. Il pense qu’il ne la verra pas. Qu’il ne la verra plus. Que c’est dommage.

Au moment où, sans plus d’espoir, il va partir, elle arrive. Aujourd’hui, son visage est serein. Elle lui dit bonjour. Il n’ose lui sourire. Il a peur de l’effrayer, comme hier. Il ne sait pas qu’aujourd’hui, elle a décidé de tirer un trait sur son passé. Comme tous les garçons, il ne comprend rien aux filles. Mais profite de sa bonne humeur.

Ils se mettent à parler, à se raconter. Ils ne voient pas passer le temps. Mais il va faire nuit. Il faut partir maintenant.
Le lendemain à nouveau, et tous les autres jours, il se retrouvent. Et peu à peu, leur amour éclos. En même temps que les fleurs du parc. Et du printemps. Un jour, son rire cristallin se confond avec le chant des oiseaux. Qu’il cueille au fruit rouge de ses lèvres. Il est si heureux d’être arrivé à la faire rire. Elle répond à son baiser. Les fleurs qui tombent leur font comme un tapis de neige parfumée.

Ils sont heureux, ils rient. Les rayons du soleil sont de plus en plus chauds, comme torrides deviennent leur cœurs et leur corps, au milieu de l’été. Ils ont besoin de se toucher, sans cesse, émerveillés, comme s’ils n’arrivaient pas à croire ce qui leur arrive. Vers la fin juillet, ils parlent même de se marier. Est-ce de là que vient l’expression « publier les bancs » ? Je ne sais.

Mais après la chaleur de l’été, viennent les orages. Dans la moiteur de l’air énervé, elle commence à s’ennuyer. Elle commence à le trouver insipide. Elle ne rit plus beaucoup. Et lui, de plus en plus maladroit, s’éloigne d’elle en voulant la retenir.

Maintenant, elle arrive en retard, part plus tôt. Son visage, si beau, est fermé. Il sait bien qu’un jour, elle ne reviendra plus et que, sûr, il va en mourir. Que plus jamais de sa vie, il n’aimera. Ou alors, pas tout de suite. Ou alors beaucoup moins.

Il sait bien aussi qu’un jour, froid et triste, il pleurera, seul. Et que je ne pourrai rien faire pour le consoler. Mais il y aura peut-être une gentille fille. Qui lui donnera des mouchoirs en papier pour essuyer sa peine.

Voilà plus de cinquante ans que je suis dans ce parc. On m’a repeint plusieurs fois. Toujours en vert. Couleur de l’espoir. Et j’en ai vu des amoureux. Et j’en ai entendu des serments et des disputes.

Mais moi, croyez-moi, je reste de bois !

mercredi 19 mai 2010

Une vue de chaussures par FABFAB

- Alors ? firent-elles toutes en chœur
- Alors quoi ? répondit d’un air faussement interrogateur la paire de mules à pompon rose.
- Mais tu sais bien. Alors ? Elle a choisi lesquelles ?
- Les talons hauts en velours noir avec la bride en brillants, minaudèrent les mules.
Un grand silence s’ensuivit.
- Alors, çà veut dire que c’est sérieux, dit la paire de bottes en cuir marron.
- Sérieux, sérieux, l’avenir nous le dira, répondirent les mules.


Elles étaient toutes enfermées dans le noir du placard, rangées comme une armée en ordre de bataille. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les formes. Seule, la paire de mules partageait la vie intime de leur propriétaire et était donc au courant de tout. Les autres, au hasard de leurs escapades, n’en connaissaient que quelques bribes qu’elles s’empressaient de raconter, et même quelquefois, d’embellir ou exagérer, histoire de se faire briller. La paire de mules, elle, avait un énorme avantage sur toutes les autres : elle rencontrait les chaussures qui venaient… et il en venait… souvent.

- J’espère que ce sera la paire de Nike blanches que nous avons rencontrés plusieurs fois pendant le jogging, firent d’un air mutin les New Balance grises et jaunes. Qu’est-ce qu’on aimerait bien les revoir celles-là. Elles étaient si sympa, si grandes, si blanches et si… musclées. Leurs derniers mots se perdirent dans leur rêverie.
- Non, je ne crois pas, répondirent les mules qui voulaient couper court à toute divagation.

Les mules s’étaient imposées naturellement comme chef et elles se devaient d’anéantir toutes les rumeurs.

- Evidemment, c’est encore un nouveau, maugréa la paire d’escarpins marrons à talons plats. Elles étaient en colère car elles n’étaient pas sorties depuis près de deux ans. Encore un voyou qui l’amènera dans toutes les boîtes de nuit. Comme si c’était une vie çà ! Ah, il n’y a que les vertus de la campagne et du bon air qui comptent. De mon temps, elle ne rencontrait que de bonnes grosses chaussures de paysans. C’était autre chose !
- Çà va, tu nous l’as déjà dit cent fois, coupèrent les nombreuses nouvelles paires de claquettes à petits talons. Il y en avait de toutes les couleurs. Maintenant, elle a changé, elle est coquette. Elle assortit ses chaussures à ses vêtements. Et elle est tellement plus jolie ! Tu es tout simplement jalouse !
- Taisez-vous petites insolentes, vous ne connaissez rien à la vie et aux vraies valeurs, ratiocina la paire d’escarpins. Imaginez-vous, maintenant, elle se peint même les ongles des pieds ! De mon temps…
- Stop ! crièrent toutes les autres.
- Et dire que les talons hauts en velours noir ne sont arrivés que de ce matin. On n’a même pas pu leur donner de conseil, s’inquiétèrent les bottines noires.
- A mon avis, ils n’ont pas besoin de conseils, surtout venant de toi, n’est-ce pas ? fit d’un ton accusateur la paire de mules.
- Pourquoi ? pourquoi ? demandèrent toutes les petites claquettes en couleurs.
- Eh bien, vas-y, raconte .
- C’était l’année dernière, commencèrent les bottines d’un air à peine contrit. Elle avait tellement bu, ce soir-là, qu’elle nous martyrisait en marchant de travers. Elle était avec une bande de copains…
- Tous des voyous, cria la paire d’escarpins.
- Chuuut ! firent en chœur les petites claquettes. Alors ?
- Ses copains lui ont dit qu’elle ne serait pas capable de voler un booster. Evidemment, elle a crié que oui, qu’elle allait le faire tout de suite. Les gendarmes qui étaient tous près ont rappliqué dare-dare. Oh ! mes amies, quelle pagaille ! Tout le monde s’est éparpillé en courant. Un gendarme nous a poursuivit. Au moment où il allait nous rattraper, je me souviens encore du coup que je lui ai mis dans l’entrejambe et de la course folle qui a suivi : dans les champs, les ronces, la boue… Nous l’avons semé, mais je ne vous dis pas dans quel état nous sommes rentrées, finirent les bottines en riant aux larmes.
- Dites, vous ne pensez pas que c’est le mari de sa meilleure amie, quand même ? demandèrent les fines chaussures bleues à haut talon. La dernière fois que nous sommes sorties, elle était invitée chez Florence. Vous vous souvenez de ce qui s’est passé sous la table ? Les mocassins noirs de son mari, tout usés et crottés, nous ont fait du pied toute la soirée. Vous vous rendez compte ! des mocassins mariés ! Mais nous ne mangeons pas de ce pain-là, nous ! quels gougeats ! Nous leur avons donné des coups de pied toute la soirée, en les écrasant ! Non, mais !
- Non, non, je ne pense pas qu’il s’agit du mari. Exit le mari, et même pour Florence, d’ailleurs : ils sont en train de divorcer ? Nous étions là quand Florence a appelé la semaine dernière, confièrent les mules.

Mais alors ? Qui était-ce ? Toutes les chaussures se perdirent en conjoncture. S’ensuivit une belle cacophonie. Toutes avançaient les supputations les plus folles.

- Çà serait rigolo si c’était celles du boucher, dirent les chaussures blanches du dimanche matin qui ne sortaient que pour aller au marché. Elles sont si gentilles, celles du boucher, toujours propres comme un sou neuf, de bonne humeur, avec leurs lacets qui leur font comme de grosses moustaches. Elles nous font tellement de compliments, que quelquefois, le blanc de notre cuir rosit par endroit…
- Nous, on aimerait bien que ce soit celles de son patron. Elles sont de grande marque, si distinguées, si bien entretenues, si chères… quelle sacrée promotion ce serait ! piaillèrent les paires de claquettes de couleurs dont chacune d’elles partait vaillamment au travail chaque matin.

Le brouhaha continua encore un bon moment. Le vacarme était si assourdissant que les mules durent intervenir :
- Mesdasmes, mesdames, calmez-vous ! il est très tard. C’est l’heure de dormir maintenant. Et… si vous êtes sages, demain, je vous raconterai.
- Oh oui ! oh oui ! firent d’une même voix toutes les paires en battant de la semelle.

Peu à peu, le calme se fit. Et les chaussures se mirent à rêver.

Elle rentra tard, très tard, cette nuit-là. Elle ne remit même pas les talons hauts en velours noir dans le placard. Elle ne prit pas ses mules non plus. Ces dernières, vexées, se mirent à bouder dans un coin.

De la musique douce, un bouchon de champagne qui saute, des verres qui s’entrechoquent, et puis, des rires, beaucoup de rires, quelques soupirs, avant qu’un grand silence réparateur n’enveloppe la maison…

Le lendemain matin, elle ouvrit en grand le placard. Toutes les chaussures, réveillées d’un coup, se pressèrent pour voir l’heureux élu. Stupeur ! là-bas, au pied du lit, leur firent un clin d’œil malicieux… les jolis escarpins vernis de Florence.

mardi 4 mai 2010

Une vie de chaussure par Viviane

Tricotées en rose ou en bleu sur vos pieds de nourrisson

Vous nous appelez « chaussons » !

A peine sortis du youpala

Vous nous qualifiez de « chaussures 1ers pas » !

Toute votre enfance, vous nous mettez sous le sapin

En attendant de découvrir,à nos côtés, vos cadeaux de Noël, tôt le matin !

Au fur et à mesure que vous grandissez

Vous changez de pointure pour nous chausser !

Petites filles, vous avez la pointe du pied fine

Ce qui vous aide à vous maintenir droite sur nous, ballerines !

Petits garçons, vous rêvez de devenir des champions

Avec nous, chaussures à crampons !

Adolescents, vos pieds ne sont pas toujours conformes

Alors il est bon de nous passer, chez le cordonnier, « à la forme » !

Cet âge là, la plupart du temps, de nous, s’en fout

Et nous laisse traîner un peu partout !

Ce qui compte pour qu’on nous remarque

C’est d’avoir, nous toutes, des marques !

En effet, ce n’est pas encore l’âge

De nous entretenir la peau avec du cirage !

Quand enfin nous faisons corps aux pieds

C’est pour vous tous, le pied !

Et si vous nous trouvez exceptionnellement confortables

Alors vous n’hésitez pas à nous réparer pour une consommation durable !

Par contre, si nous ne faisons plus l’affaire…

Vous devez vous résigner à changer de paire !

Quelques fois, pour de belles occasions

Vous, les femmes, vous aimez bien nous acheter avec des talons !

De quoi être haut perchées, pour l’âme sœur chercher…

Ne dit-on pas « trouver chaussure à son pied » !

Et si chaussure ne trouve pas sa pareille ou vous casse les pieds

Un coup de botte: ça lui fera les pieds !

Pendant les soldes, nous sommes très recherchées

C’est le moment idéal pour vous, de ne plus passer pour des « va nu pieds » !

En effet, nous pouvons être classiques ou très tendance

De quoi vous proposer plusieurs styles, de l’élégance …

Pour vous Messieurs, du pratique et du sport pour vos propres records

Dans tous les cas, nous prenons soin de vos pieds en toute occasion et avec tout confort !

Nous pouvons même, si nécessaire, devenir orthopédiques

Pour ceux qui ont des fractures ou des cors aux pieds fatidiques !

En cas de coup de pompe ou pour se sentir à l’aise

Vous nous portez des fois en grolle, que se soit espadrille ou charentaise !

Quand vous êtes lacés, que votre vie s’essouffle

Que c’est l’heure de vous chaussez de lunettes et de nous, pantoufles

N’oubliez pas que vous aurez laissé une trace de vie sur Terre grâce à nous

Car nous vous avons suivi, chaque jour, pas à pas et nous nous sommes semellé de tout !!!!

mercredi 21 avril 2010

Esquinancie, antelminthèque, phosphérie et melliflu

Esquinancie, esquinancie.... voilà une bonne demi-heure à essayer de deviner ce que c’est et franchement, la seule chose qui me vient l’idée est : la divination de tout ce qui est exquis. Mais comprenez la difficulté car, ce qui est exquis pour vous, peut être triste, désolant ou carrément dégoûtant pour moi. Mais c’est peut-être de cette difficulté-là qu’est né le mot car un mot difficile ne peut vouloir dire qu’une chose difficile. Prenez par exemple : antelminthèque, phosphérie ou melliflu. Ce ne peut qu’être compliqué alors qu’aimer, ami, boire manger, rire, sont si simples qu’ils n’ont même pas dû être inventés. Ils existent de tout temps.

Mot extraodinaire: melliflu

Elle s’appelait Amélie Flu. Quel joli nom « FLU », il me faisait penser à la marée montante de mes sentiments quand je la voyais ou au reflux les jours où elle n’aparaissait pas. Elle était une petite personne très charmante, toute rose et mignonne, avec de grands yeux innocents. Elle était biaiseuse de métier. Nuit et jour, elle biaisait. Elle était si courageuse...

Mettre autant d’ardeur à l’ouvrage me touchait. Je trouvais tous les prétextes pour aller la voir et lui amener du travail. Elle me répondait toujours de sa voix chantante : « voulez-vous que je vous le biaise pour aujourd’hui ou pour demain ? »
« Voyons, Amélie, pourquoi remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même ? Si vous avez beaucoup de travail, je peux vous aider à biaiser. Biaisons, biaisons en chœur ! » Ah ! Quel plaisir Messieurs, Dames que de biaiser ensemble !

ATTENTION RESERVE AUX ADULTES

Le dernier texte de Fabienne comporte des termes explicites, merci d'éloigner les enfants de l'écran ..... :))

- « Forniquez, forniquez, il en restera toujours quelque chose » disait sans faiblir la voix grave et envoûtante de notre prédicateur, le grand Gourou Michel.
Nous étions une centaine de fidèles de la « secte des Grivois », réunis en ce dimanche pas trop matin (et oui, messieurs, dames, forniquer à ce point-là, çà fatigue quand même pas mal !) réunis donc dans le grand hall de l’hôtel de passe « Le Passe-Partout ».

Voilà déjà deux ans que je faisais partie de cette secte et heureux d’y être. Notre slogan était : « l’un dans l’autre ou tout est possible entre adultes consentants ». Il fallait avoir au minimum 25 ans pour y adhérer. J’avais attendu cette date avec beaucoup d’impatience. Je repensais à ma vie d’avant où je menais une existence plus ou moins débridée, chassant toutes les proies que je croisais sans aucune méthodologie ni éthique, m’aventurant quelquefois dans des endroits plus ou moins louches, à la limite de la sécurité... J’aurais pu devenir un dévié ou, pire, un criminel, un hors la loi.

Heureusement, la secte des Grivois m’avait ouvert des horizons nouveaux. Tous les membres m’avaient accueilli avec chaleur et ils étaient devenus des amis très intimes. Ici, personne pour nous jeter la pierre, et, à plus forte raison des cailloux pour nos actes. Au contraire, même, nous avions un tableau des membres les plus représentatifs et croyez-moi, je peux dire, sans fabuler que j’étais un « membre » très honorable et plus qu’actif ! J’avais gravi le cursus honoraire sans la moindre erreur. J’accomplissais ma tâche sans faillir et même, avec ardeur. La fornication était devenue pour moi un acte divin, l’essence même de la vie.

J’étais déjà « Trique d’argent » et espérais bien avoir l’avoir en or d’ici deux ans. Ensuite, il ne me resterait plus que les trois degrés du Kama Soutra, certes plus théoriques que pratiques et qui demanderaient beaucoup d’efforts, puis j’irai rejoindre enfin, le Saint des Seins, aréolé de mon succès : la cour des 10 pas-sages.

C’est pourquoi je me mis à chanter à pleine voix mon cantique favori : Oh, my God Michel, que le plaisir soit avec nous...

mercredi 31 mars 2010

LE SLAM DE LA MAL-AIMEE par Fabienne

Personne veut de moi
Et je sais pas pourquoi
Personne veut de moi
Et je sais pas pourquoi

Pourtant, je suis pas si vilaine
Même si, des miss je suis pas la reine

Pourtant, je suis pas si bête,
On dit même que j’en ai dans la tête

Pourtant, je suis douce et gentille,
Ce qu’on appelle une chic fille

Pourtant, je suis toujours de bonne humeur
Même quand j’en ai gros sur le cœur

Pourtant je suis toujours prête,
A rire et faire la fête

Je sais, j’ai des kilomètres au compteur,
Mais j’ai toujours 20 ans au fond de mon cœur

Les hommes se sont toujours foutus de moi
Me piétinant l’âme et le cœur à la fois
Sans compter ceux qui préféraient mon porte-monnaie
A mes charmes bien cachés

Personne veut de moi
Et je sais pas pourquoi
Personne veut de moi
Et je sais pas pourquoi

Pourtant, je pourrais rendre un homme heureux
Et au creux de mes bras, lui faire un ciel bleu

Et même si j’ai tout donné
Il me reste des trésors insoupçonnés :
Amour, patience et douceur,
En gros, le secret du bonheur
Et même si j’étais aimée,
Je pourrais me surpasser

C’est pas ma faute à moi
Si les hommes manquent de goût à ce point-là
Alors pourquoi, pourquoi,
Personne ne veut de moi ?

mercredi 24 mars 2010

Le 8ème mois... sacré soulagement

Le 8ème mois s'annonçait aussi mal que les 7 précédents.
On était fin novembre, l'été revenait, les chaleurs aussi mais pas l'inspiration.
Invraisemblable, incroyable et déshonorante panne, ça faisait donc 36 lundis que j'assistais à l'atelier d'écriture sans la moindre parcelle d'imagination.
Rien de visible les trois premières séances mais je compris petit à petit que vos joyeux applaudissements à la lecture de mes petites trouvailles m'avaient grisée au moins autant que les bouteilles vidées ensemble.
A tel point que ma tête ne logeait plus dans aucune de mes casquettes, même pas au dernier cran.
Le phénomène s'emplifia tant qu'un beau matin je n'avais plus les pieds sur terre : je flottais.
Mon mari, compatissant, fit fondre tous ses plombs de pêche et en lesta mes chaussures.
(Les vrais pêcheurs saurant le prix de ce sacrifice.)
Les apparences étaient sauves.
Certes, j'avais la démarche un peu lourde mais c'était facile de mettre ça sur le compte de l'âge, par contre, la panne sèche côté imagination était moins aisée à dissimuler.
Ma présence muette au milieu de vos beaux esprits inspirés et féconds faisait tache.
Je ne vis qu'une solution pour me sauver de la honte totale : embaucher un nègre.
J'en connaissais quelques uns sur la place... et pas que des noirs.
Merci à celui qui accepta, cet après midi encore, d'écrire ce texte à ma place.
Ce fut un sacré soulagement !

Tantine Monique.

mardi 23 mars 2010

Le Sandwich Fabre-Eglantine

Enoncé de l'exo: le 8ème mois... un sacré soulagement !

Exercice de style by Fabienne


Le 8ème mois, vingtième décade, sextidi, 16 Germinal de l’an II, soit le 7 avril 1794. Aujourd’hui, Danton a été exécuté. Quatorze de ses amis ont été tués avant lui. Comme toujours, il a été d’un courage exemplaire. Au moment où il a mis sa tête sous la guillotine, noyée de rouge du sang de ses camarades, il a dit au bourreau Sanson : « n’oublie pas de montrer ma tête au peuple ! Il n’en voit pas tous les jours de pareille ! ». Faut dire qu’elle était pas super jojo, sa tête. Tout petit, un taureau lui avait fendu la lèvre. Il en avait gardé une vilaine cicatrice. Plus grand, il avait décidé de se venger du même taureau, mais une fois de plus, il n’avait pas eu le dessus et il avait eu le nez cassé d’un coup de sabot. Plus tard, il avait même attrapé la petite vérole...

Maintenant, je suis seul dans ma geôle, mais je sais bien que je ne vais plus y rester longtemps.

Depuis un mois et demi, Danton et ses amis, Delacroix, Desmoulins, Philippeaux, moi-même et une dizaine d’autres pourrissions dans cette prison sale et humide. Je ne peux pas dire qu’il était vraiment mon ami. J’avais bien profité de son influence. Il m’avait même nommé secrétaire quand il était ministre de la justice. C’était même peut-être à cause de moi qu’il se trouvaient là, à cause du scandale de la Compagnie des Indes. Car il n’y a que deux choses qui me passionnent dans la vie : la poésie et l’argent. La poésie, j’en fait mon affaire. Mais l’argent, l’argent....
J’ai trempé dans plein d’affaires véreuses. J’ai vendu, avec un énorme bénéfice, des souliers pour l’armée. Le problème, c’est qu’ils sont partis en morceaux au bout de douze heures. J’ai participé au montage d’une fructueuse opération de liquidation de sociétés commerciales et bancaires. En 1791, pour trois millions, j’ai même créé une tendance favorable à la monarchie au club des Jacobins !!! J’ai toujours pensé que la révolution me ferait mieux vivre que la poésie et je n’avais pas tort. Seulement, c’était un jeu dangereux.
Le théâtre pourtant est ma véritable passion, mais mes collègues qui me détestent, trouvent mes pièces médiocres. Qui se souviendra du « Poète provincial à Paris », d’ « Augusta » ou de la « suite du Misanthrope » ? Peut-être ne restera-t-il de moi que quelques notes que les générations futures chantonneront sans même y penser : « Il pleut, il pleut bergère, rentre tes blancs moutons »... Qui pourra dire que je l’avais écrite pour l’opéra comique Laure et Pétrarque ?
Tout chez moi n’est que mensonge. Et même mon nom.
Je m’appelle Fabre.
La première fois que j’ai participé aux jeux floraux de Toulouse, j’ai eu le deuxième prix, un lys d’argent pour mon « sonnet à la vierge ». Mais moi, j’avais beaucoup d’ambition alors, j’ai fait croire que j’avais eu le premier prix, l’églantine d’or. Et puis, Fabre du Lys, qui y aurait cru ? Alors que Fabre d’Eglantine, c’était à la fois noble, poétique et fier... Certainement un nom qui passera à la postérité, ne serait-ce que pour mon calendrier républicain !

Voilà, le gardien mi-appitoyé, mi-moqueur vient de me prévenir : demain, ce sera mon tour. Je ne crois pas que j’aurais le courage de Danton. Peut-être même vais-je pleurer comme un enfant... mais pour tous, ce sera la fin de la Terreur, un sacré soulagement !

mercredi 17 mars 2010

Jamblaya

JAMBALAYA


En face de la ville de Salvador de Bahia au Brésil, est posée, comme un gros rocher sur l'eau de l'Océan Atlantique, une petite île appelée Itaparica.
Les très vieilles personnes vivant là aiment quelquefois à raconter l'histoire étrange arrivée il y a bien longtemps à Paolo.

Quand on vit au bord de la mer et que l'on est pêcheur, ce n'est pas tous les jours que l'on ramène des poissons ; ceci tous les pêcheurs du monde le diront.

Il y a bien longtemps donc, Paolo était pêcheur. Oh, de pêcheur, il n'en avait que le nom ! jamais personne n'avait passé autant de temps en mer pour ramener si peu de poissons, jamais !

Les habitants de son île ne se moquaient même plus de lui. Ils le regardaient avec une certaine tristesse tant Paolo était pauvre. Chacun disait que ce pauvre garçon n'avait vraiment pas de chance, qu'un enfant de 5 ans attraperait plus de poissons que lui, et qu'en fin de compte, il ferait mieux de changer de métier. Mais Paolo était heureux et libre comme un oiseau. Il sifflait comme un pinson toute la journée.

Un soir, Paolo s'était attardé en mer. Comme d'habitude, il n'avait rien pêché sinon quelques petits poissons pour ne juste pas mourir de faim ce jour-là.
Il s'apprêtait, avant de rentrer, à remonter une dernière fois son filet, il le trouva très lourd et dut s'y reprendre à plusieurs reprises pour le hisser à bord. Comme cela lui arrivait quelquefois, Paolo pensait qu'il était en train de remonter un gros caillou qui se coinçait souvent dans les mailles du filet. Quand tout fut déposé au fond de la barque, Paolo faillit sauter à l'eau tant il eut peur...
Là, dans le filet, un bras et une main se tendaient vers lui. C’était une belle main, aux doigts fins et aux ongles longs et blancs. Comme cela bougeait, Paolo pensa que la personne vivait encore et il s’empressa de dégager le filet qui l’entourait.

C’est ce moment que choisirent les nuages pour s’écarter et laisser apparaître une pleine lune qui vint en curieuse éclairer la barque du pêcheur. Une superbe jeune femme était allongée au milieu de la barque de Paolo. Elle portait un vêtement bleu clair qui semblait fait d’air et d’eau tant il était fluide et léger. Elle vivait mais semblait épuisée. Paolo crut avoir à faire à une sirène : oh, il n’en avait jamais vue mais d’autres pêcheurs assuraient que cela existait... et qu’eux-mêmes en avaient rencontrées, qu’ils avaient dû se boucher très fort les oreilles pour ne pas succomber à leur chant qui les entraînait au fond de l’eau.

Maintenant, la jeune femme semblait dormir. Paolo s’approcha un peu plus pour la contempler. Elle avait des cheveux longs et soyeux. Sa peau était blanche et sans défaut. Sa bouche entrouverte, rouge comme les cerises bien mûres dont il se régalait au cœur de l’été laissait voir ses dents, perles de nacre. Ses oreilles étaient petites et parfaites, telles des coquillages abandonnés sur le sable.

Au moment où elle ouvrit les yeux, il lui sembla voir toute la profondeur de l’océan, tant ils étaient bleus et son regard profond.... et pour son plus grand malheur, il en tomba tout de suite amoureux.

La belle inconnue s’appelait Jambalaya. Paolo la ramena chez lui et au moment où il franchit la porte de sa modeste cabane de pêcheur, il en eut honte. Pour la première fois, il réalisait dans quelle misère il vivait : les chaises bancales et dépareillées, les murs de tourbe, sans rien pour les décorer, le lit, simple planche de bois. Il aurait voulu posséder un magnifique palais avec des centaines de domestiques, de la vaisselle en or, des couches profondes et confortables, qui auraient servi d’écrin à ce qui lui semblait une princesse.

Alors, il se mit à travailler nuit et jour. Il dépouilla la mer de toutes ses richesses naturelles. Il devint même malhonnête, trempant dans toutes sortes de trafics pour pouvoir offrir à Jambalaya tout ce qu’elle désirait.

Mais la belle n’était jamais satisfaite et il devait toujours avoir encore plus d’argent, encore plus.... Son humeur s’assombrit, il ne souriait plus jamais. Il lui acheta une très belle demeure. Dans les jardins, des jets d’eau servaient de piscines à des oiseaux tropicaux aux plumages chatoyants. Les meubles étaient d’ébène, la vaisselle d’or et les placards ne pouvaient contenir toutes les superbes robes de Jambalaya.

Mais la belle n’était jamais satisfaite. Alors Paolo s’assombrit encore plus. Il s’apercevait qu’il n’était pas heureux. Il s’apercevait qu’il aurait dû épouser Léa, la fille du vieux Théo, qui était peut-être moins belle que Jambalaya mais qui était douce et gentille et ne réclamait jamais rien. Avec elle, il n’aurait pas été riche, mais il aurait vécu une vie simple et heureuse, entouré de sa femme et de ses enfants. Il s’apercevait que le secret du bonheur n’est pas AVOIR, mais ETRE.

Alors il fut pris d’une colère effrayante envers cette femme cruelle et dédaigneuse. Il revint chez lui et l’étrangla. Puis il mit son corps dans sa vieille barque qu’il n’avait jamais détruite et partit loin, loin sur la mer.

On ne les retrouva jamais... Mais maintenant, dans cette petite île d’Itaparica, on dit que Paolo est le patron des pauvres pêcheurs et que Jambalaya est la déesse de la mer, crainte par tous les habitants du village et que l’on honore une fois par an, en lui offrant toute sortes de cadeaux. On dit aussi que si les cadeaux ne sont pas assez beaux, Jambalaya se venge et prend la vie des pauvres pêcheurs.

Par Fabienne

lundi 1 mars 2010

Mot extraodinaire: Sygyzie

Les allées du cimetière juif de Varsovie étaient jonchées de feuilles dorées, ocres ou brunes. La lumière oblique de cet après-midi d’automne était une invitation à la photographie. L’abandon volontaire du lieu à la forêt lui conférait un parfum et une ambiance que Carolina venait gouter chaque fois que son emploi du temps le lui permettait. Elle arpentait les sentiers bordés de pierres tombales inégalement avalées par les mousses et les racines de leurs voisins végétaux. Elle s’arrêta devant une de ses préférées, celle qui portait une inscription musicale et sensuelle « Ci-git Zimanofski Arlette, frata de Ludwic Zamenhof y onklino del Espéranto »
Le frou-frou de sa langue répétait les premières syllabes en les accompagnant d’un sourire coquin « Sygyzie, sygyziemanofski … c’est tellement mystérieux comme sonorité ? » Carolina relu la phrase en essayant de la déchiffrer lorsque son attention se porta sur le petit mausolée voisin. Il était couvert de mosaïques multicolores, de bougies consumées et de lettres des quatre coins du monde. Le voisin d’Arlette était le père fondateur de l’Espéranto, ce rêve d’une langue universelle censée rapprocher les peuples et remonter avant l’effondrement de la tour de Babel.

Ce que ces parures parsemées ne disaient pas c’est la violence et la rage avec lesquelles les SS Waffen avaient pourchassés et éliminés tous les proches de Zamenhof. Adolf vouait à l’Espéranto une haine toute particulière et voyait en elle la langue de la conspiration juive. Dès la prise de Varsovie en 39, il mit un point d’honneur à en faire disparaître tout usage et la famille de Ludwic fut une des premières pages brûlées de l’Histoire du long holocauste polonais.

Carolina, jeune polonaise décomplexée, était à la fois à six cent kilomètres et des années lumières de Berlin. Elle venait de faire le lien avec la pierre tombale dont elle adorait caresser la patine incomplète et imparfaite. Arlette et Ludwic Leyer Zamenhof était donc liés. Si cette partie de l’épitaphe énigmatique avait été résolue en un temps record, les mots frata et onklino lui manquaient encore. Le ‘frata’ lui glissa dans le conduit auditif et trouva rapidement un sens : Arlette était la sœur de Ludwic ! Il ne restait plus que l’onklino à traduire.
« Si Arlette est la sœur de Ludwic, lui-même étant considéré comme le père de l’Espéranto, elle est donc sa tante ! »
« Ci-git Zimanofski Arlette, sœur de Ludwic Zamenhof et tante de l’Espéranto ! Une langue unique pour pouvoir échanger avec l’ensemble des peuples de la planète, c’était pourtant une si belle idée… »

lundi 8 février 2010

Sandwich servi par Fabienne

1ere phrase: Il s’assit, épuisé
dernière: Mais il n’avait pas changé.


Il s’assit, épuisé. Cette mission était la pire qu’il avait effectuée durant toute sa carrière. Et pourtant, il en avait vu des pays en guerre, des populations décimées, exsangues. Ici, point de guerre, seulement un tremblement de terre, seulement....
Il passa la main sur son visage, comme pour effacer ces visions d’horreur. Et partout, l’odeur, l’odeur insupportable des cadavres lui collait aux habits, à la peau, même après la douche la plus minutieuse.
L’installation était spartiate dans le camp, mais il se considérait comme un « nanti » au regard de ces pauvres gens qui avaient tout perdu et qui erraient, perdus, affolés et affamés.
Le travail était dur, moralement et physiquement épuisant. Ils étaient là depuis une semaine et il devenait de plus en plus difficile de trouver des survivants. Pourtant, quelquefois, le miracle avait lieu. Au milieu des décombres, on entendait une voix ou un cri affaiblis. Et là, frénétiquement, ils se mettaient à fouiller. Et quand on sortait un enfant ou une vieille femme, déshydratés, amaigris, blessés, mais vivants, l’espoir renaissait et avec, la foi en leur mission. Mais çà devenait de plus en plus rare... Même les chiens, leurs fidèles compagnons, si efficaces pour les sauvetages devaient être changés régulièrement. Ils « déprimaient » véritablement à voir et sentir tous ces cadavres.
Ce petit pays ne disposait que de peu d’engins. Pourtant quelques-uns s’étaient déjà mis en marche ce matin. Le déblaiement commençait. Et quand les pelles soulevaient des monceaux de gravats, il n’était pas rare qu’il pende un bras ou une jambe arrachés. Il essayait de fermer les yeux, de penser à autre chose, de se dévouer aux survivants. La nuit, cependant, ces images revenaient le hanter.
Il n’en pouvait plus aussi d’entendre les cris de ceux qu’on avait amputés. Car on amputait à tour de bras et on manquait de médicaments, d’antibiotiques et d’anesthésie... l’horreur à l’état pur.
Pourtant, quand il avait décidé d’effectuer des missions humanitaires, c’était, paradoxalement pour se devenir plus fort, moins sensible, pour toucher la souffrance du bout des doigts et mettre un rempart entre elle et lui. Pour que la douleur ne le déchire plus.
Mais il n’avait pas changé.

jeudi 21 janvier 2010

Mot extraordinaire: numismate

Surtout pour sa sonorité que pour son sens connu de beaucou

Et quand il y en a pour un il y en a pour deux alors dans la même vaine tentative ;-)) : simiesque

4 mots *: Bosse, cabosse, carat, carabine

A vos claviers, il est facile celui-là

jeudi 17 décembre 2009

Mot extraordinaire : Psaltérion

La conversion de l’empereur Costentin en 313 ap JC à la Chrétienté et faire de la religion catholique la religion officielle de Rome par l’édit de Milan, était certainement la meilleure solution pour ramener le calme au sein de l’Empire. Amalgamer les chrétiens au reste de la population, faire en sorte qu’ils puissent librement pratiquer leur culte sans toutefois abolir les rites païens populaires solidement ancrés, était toute l’affaire de l’Empereur Valentinien 1er en cette fin de 4e siècle.
La deuxième étape de la conversion de l’empire à la Chrétienté relevait donc d’un large travail de persuasion et de formation des fidèles, et d’encadrement de la pratique de la religion catholique. Il fallait réussir le dosage subtil entre la mise en place de cette nouvelle religion d’état et l’intégration des chrétiens, sans toutefois effaroucher ni provoquer l’ire des païens accrochés à leurs rites centenaires.
Il fut donc décidé au Sénat, en 370 ap JC, de former un corps de 350 psaltérions, qui devraient, au sein de tout l’empire, faciliter et encadrer la diffusion de la chrétienté. Loin de faire double-emploi avec les chrétiens eux-mêmes, qui assuraient par leur troupe leur propre prosélytisme, les psaltérions, en véritables gendarmes de la religion, avaient pour mission à la fois de freiner les excès d’exaltation des chrétiens et de leurs nouveaux convertis, mais aussi d’aider à la diffusion de la religion catholique en jouant les médiateurs et les pédagogues auprès des païens les plus réfractaires, par exemple en démystifiant les évangiles, ou encore en expliquant le sens des cantiques et des psaumes.

mardi 15 décembre 2009

dimanche 13 décembre 2009

4 mots : Rage - Cou - Courage - Découragement

J’ai la rage ! Il nous reste juste les 3 dernières spéciales aujourd’hui dans ce Rallye de Grande Bretagne, pour finir la saison : mon 6e titre de Champion du monde est au bout. J’ai juste 2 seconde à reprendre à Mikko Hirvonen sur sa Ford Focus. 2 secondes …c’est largement à ma portée. Ma Citroën C4 est parfaite. Les mécaniciens l’ont préparée toute la nuit. Ils ont fait un travail remarquable. Et puis juste quand il ne fallait pas, je m’attrape ce torticolis ce matin au réveil ! Sans doute le stress car je n’ai aucun droit à l’erreur, c’est aujourd’hui que l’année entière se joue et que je rentre dans la légende comme le pilote de rallye le plus titré de tous les temps. Je ne peux décevoir personne, ni mon public, ni mon équipe, ni mes sponsors. Tout le monde sait que je peux largement gagner.
Mais j’ai atrocement mal au cou. Je sais par avance que malgré ma séance de massage et mon casque qui me tient très bien les vertèbres cervicales, ce ne sera pas suffisant. Je vais souffrir toute la journée. Il va me falloir beaucoup de courage pour ne pas céder au découragement. Rester concentré comme si de rien n’était. Le titre cette année est à ce prix : 2 secondes… aucune erreur permise et plus que tout, ignorer la douleur.

4 mots : Rage - Cou - Courage - Découragement

façon Raymond Devos...

Le chien de la voisine du dessous a la rage,
Cela ne fait pas l’affaire du voisin de dessus,
qui a des vues sur la voisine du dessous.
C’est vrai qu’elle a un très joli cou !
Mais de là à risquer sa vie pour un coup,
Il faut un certain courage !
Pour ma part je ne sors plus dehors
Depuis que j’ai ma rage de dents….
Vous comprendrez qu’entre le chien et mes dents,
Je sois en proie à un certain découragement !

Mot extraordinaire : épanorthose

Eparnorthose : nom féminin. Affection touchant le monde animal se traduisant par l’altération de la boussole interne de l’individu. Privé ainsi de tout repère géographique interne, l’animal atteint se détache des cycles migratoires annuels et sa survie est généralement inférieure à un an. Se dit communément de quelqu’un qui est déboussolé, a perdu le nord.

vendredi 4 décembre 2009

Caliméro et sa moto

Caliméro sur sa moto
faisait le fou au Ouen-Toro
quand sa coquille foutut le camp
emportée par ce putain de vent!
C'est trop injuste, dit-il, me voilà devenu incognito !
Moralité: si t'es crane d'œuf sur ta moto,
attache ton casque, t'auras l'air moins ballot !

Philosophie à consommer

Je suis heureux, je regarde ma télé,
je fais mes courses au supermarché,
sur la radio FM je suis branché,
et sur le net, je vais surfer.

Ah ! Quel bonheur de consommer !
De disposer de tout ce que les autres ont fabriqué.
Passif, je passe mon temps à ingérer.
Mais avant de mourir, qu'aurais-je créé?

Petit délire

Un petit pois dans un ascenseur,
malin, regardait sous la jupe de ma sœur!
Il n'y a rien à voir lui dis-je,
que sa culotte Petit Bateau !
Oui, me dit-il, mais j'ai un avantage sur toi,
c'est que si je vois autre chose,
moi, je ne rougis pas !

Interlude

Il m'a pris ce samedi matin,
en pensant à vous mes copains,
de vous écrire ces quelques vers,
avant de m'envoler vers l'hiver.
J'avais envie d'être avec vous,
par la pensée, c'est tout,
et vous signifier combien en ce moment,
l'écriture remonte au premier rang
de mes plaisirs, de mes instants.
Pour un scientifique, ce n'est pas évident!
Samir, tel un pacha,
choisir comme muse, Vanessa,
mais non Diego je ne t'oublie pas !
et toi Fabienne, arrête de rigoler comme ça !
Gribouillez bien vos feuilles blanches,
expulsez, ne gardez rien sous la manche,
écrivez surtout avec votre cœur,
parce qu'avant tout, c'est un grand moment de bonheur.
Je vous souhaite à tous un bon décembre,
qui sait, peut-être, d'autres membres
et grâce au net, connecté,
laissez moi aussi participer
Une belle pensée à tous,
à Samir, beaucoup de couscous,
et à défaut d'universel amour,
au moins pour quelques heures, de l'humour !

jeudi 3 décembre 2009

4 mots : BOUCHON – BONBON – BOUTON – BOULON par Henri

ça va mal, ça va vraiment mal. Voilà plus de ¾ d'heures que je suis coincé dans ce bouchon et ça me rend nerveux. Alors je suce des bonbons, je m'excite sur mon volant, je tripote sans cesse les boutons sur mon tableau de bord. Bref, je fulmine. Je vais être affreusement en retard, et en plus impossible de joindre mon rendez-vous puisque les batteries de mon GSM sont à plat ! Je vous le dit, ça va vraiment mal. A coup sûr, quand il va me voir arriver avec plus d'une heure de retard, je sens qu'il va péter un boulon et en conséquence, me retirer l'affaire ! Je vous le dit, ça va vraiment mal !

mercredi 2 décembre 2009

Aventure-Envie-Forêt-Epingle par Henri

J'ai toujours eu le goût de l'aventure, de l'exploration, sortir des sentiers battus, aller où personne ne va. L'année dernière, l'envie m'a pris de traverser l'ile de Bornéo de part en part. Je voulais vraiment voir cette ile dont on parle tant en ce moment, où la déforestation est galopante à cause des plantations de palmiers à huiles, dont nous sommes, et je suis, par mes achats de plats industriels à mon supermarché, un consommateur à mon insu ou du moins contre mon gré. La forêt équatoriale primaire, belle et majestueuse, mais aussi unique et irremplaçable, y disparaît au rythme de plusieurs terrains de football par jour. Je l'ai traversée d'Est en Ouest, en suivant les principales rivières. J'y ai vu les bois de teck centenaires, ceux dont on fait nos meubles qu'on apprécie tant ici. J'y ai vu aussi les plus proches voisins génétiques de l'homme que sont les orangs-outangs, ces impressionnants grands singes, destinés à disparaître en même temps que leur habitat. Émouvant voyage que j'ai fait là, et que je fais durer dans mon esprit en contemplant la carte de l'ile que j'ai affichée sur un mur de mon bureau. J'y ai placé quelques épingles colorées dérisoires, pour marquer mon itinéraire, mes lieux de campement, là où j'ai vu les familles des grands singes, ou les coupes de teck. Mais au rythme où vont les choses dans cette région, sans doute les lieux repérés sont-ils déjà caduques. Non, je n'ai pas envie d'y retourner pour voir. Je préfère une destination nouvelle. J'ai toujours eu le goût de l'aventure.

Seul avec une prostituée par Henri

Ce soir je viens te voir Madame,
Juste pour soulager mon âme.
Malgré ta jupe à raz le minou,
Je ne viens pas tirer mon coup
Et bien que j'aime ta p'tite bouille,
Je ne viens pas vider mes couilles.
Oh je sais, ce ne sera pas gratuit,
Mais j'espère que tu me feras un bon prix.
Je viens ce soir te parler de ma femme,
Je ne suis pas le seul, je suppose, pour ça, Madame,
Mais tu vois j'en ai tellement marre,
Qu'il y ait entre nous cette espèce de barre
Qui fait qu'on ne se parle plus,
Qu'on ne se touche, et qu'on n'échange plus.
Elle ne me voit plus que comme un étranger,
une chose bizarre, tout juste un objet.
Pourtant un homme, c'est pas un extra-terrestre,
C'est pas une race à part, faut pas le laisser en reste!
C'est bien un homo sapiens sapiens
J'ai bien le droit de vivre, mince !
A ses yeux, je ne suis plus qu'un canari,
Un chien, un chat, un animal de compagnie.
Pourtant j'éprouve, je ressens, je pense,
Je peux t'assurer que j'ai encore tous mes sens !
Et en cette ère d'égalité des sexes,
Homme-femme, même affaire, pas de complexe!
Comme elle, je dois faire mon chemin
Et si mon destin est différent du sien,
Il est tout autant respectable.
Pourquoi alors me mépriser que diable !
Tu vois, Madame, je suis fatigué
Tous les jours contre elle de lutter
Pour avoir ma place dans sa vie,
Dans ses yeux, ses pensées et aussi dans son lit.
Voilà c'est dit. Me voilà soulagé.
Mais avant de partir, encore j'aimerais
Poser ma tête contre tes seins,
Fermer les yeux, oublier, être bien,
Et comme il y a longtemps quand j'étais enfant,
Poser ma main dessus, les embrasser et t'appeler Maman.

Paraskevidékatriaphobie par Henri

Durant la guerre froide, dans les années 70, au sud de la Roumanie, non loin de la frontière Bulgare, une équipe de scientifiques payés par Moscou, a eu pour mission d'étudier la mise au point d'un champ électromagnétique, capable de protéger une zone étendue, de la taille d'une ville, contre les radiations émises par une éventuelle bombe atomique.
Les travaux durèrent huit ans, et le petit village de Skevidekatria servit de champ expérimental. Ce bouclier électromagnétique, pompeusement appelé « Para-Skevidekatria » hélas se solda par un échec cuisant et par la mort par radiation et des protagonistes et des populations locales.
C'est la levée du secret défense en 1999 qui a permis de comprendre le phénomène observé dans la région.
En hommage à tous ces innocents décimés à l'autel des expérimentations militaires bien souvent délirantes et incontrôlées, a été créé le mot « paraskevidekatriaphobie » pour désigner la peur que ressentent les populations locales, à l'idée que des expérimentations militaires secrètes vont avoir lieu dans leur région.

lundi 30 novembre 2009

Paraskevidékatriaphobie par Brigitte

Paraskevidékatriaphobie

Les sujets, il faut savoir les aborder franchement. Tous les sujets.
Autrement, c’est pas la peine de vivre en société.
Ça sert à quoi la société si on peut pas parler entre nous. Echanger nos idées, faire des projets. Parler des vrais problèmes, soulever des vraies questions.
Des fois, ça fait peur. Mais c’est normal. Tout le monde a un peu peur. Alors on fanfaronne, on fait semblant, on se fait croire qu’on est différent. Et on ignore les choses… Pour se rassurer.

Si c’est ça la vie, autant faire comme Robinson, s’installer sur une île, seul(e) de préférence et s’organiser sa petite vie.
Et encore, même pour lui ça n’a pas fonctionné. La preuve, il a été rattrapé par Vendredi. On est toujours rattrapé par quelque chose… ou par quelqu’un. Et ça arrive toujours quand on s’y attend pas. J’aurais bien voulu voir sa tête à Robinson quand il s’est aperçu qu’il était pas tout seul. Je suis certaine qu’il a pensé que vendredi l’observait depuis un bon moment.

Quand même ça fout la trouille. Penser que quelqu’un était là et qu’on ne le savait pas.

Un truc comme ça, moi, ça me fait perdre mes moyens. Savoir qu’il y a toujours quelqu’un ou quelque chose derrière moi. Et ne pas le voir. C’est ça le pire. Savoir et ne pas voir. C’est un truc à devenir dingue.

Alors pour ce qui est d’en parler aux autres…. Je suis pas dérangée, mais ils pourraient le penser. J’ai pris quand même le risque et j’ai essayé d’en parler, mais les gens veulent pas. Je les sens réticents. Ils refusent pas vraiment, c’est pire, ils éludent. Comme si… ça les gênaient.

Mais moi j’ai vraiment envie d’en parler. Je crois que ça me ferait du bien, un peu comme un soulagement. Temporaire, forcément. Parce que c’est cyclique, mais quand même, un soulagement, même tout petit, même temporaire, c’est toujours bon à prendre, non ?

Alors je me suis dit, pour me donner du courage : « Brigitte ma fille, faut y aller. Cette fois, tu en parles, tu t’imposes ».
Oui mais, ça n’intéresse personne. Ou alors les gens disent qu’ils n’ont pas le temps. Ou alors que c’est pas le moment. Enfin ça, c’est ce qu’ils disent…
Je ne suis pas certaine de les croire. J’ai un doute.
Les gens sont fuyants, vous savez.
Ou alors ils disent aussi que c’est à cause des enfants. « On n’en parle pas quand les enfants sont là. Ils pourraient entendre ». J’ai beau leur dire qu’on peut s’organiser, prendre rendez-vous, se retrouver dans un endroit tranquille et en parler calmement…
J’ai tout essayé, vraiment.

Le lundi, on me répond que la semaine commence, on a autre chose à faire que de penser à ça. C’est loin. Le lundi, tout le monde est débordé.

Le mardi, les gens font ce qu’ils n’ont pas pu faire le lundi. Alors pas question d’y revenir, tout le monde est à la bourre.

Le mercredi, c’est justement le jour des enfants. Faut les laisser jouer, se reposer, s’amuser, rêver, bref vivre leur vie d’enfants. Préserver leur innocence et surtout pas leur faire peur.

C’est un vrai cauchemar d’être seule à vouloir en parler.

Bon bah le jeudi alors, parce que là, quand vient le jeudi, il y a urgence . Sans quoi, les choses, elles nous rattrapent. Vous voyez ce que je veux dire. On se comprend à demi mot. Eh là, c’est l’angoisse, mais vraiment.

Moi, je suis pas une trouillarde, je suis une angoissée. Il faut bien faire la différence. Il faut pas confondre. C’est comme ceux qui vous disent Treize à la douzaine, non mais quelle arnaque ! Douze c’est douze et treize c’est treize. C’est mathématique en plus d’être cyclique. Ils peuvent le garder leur treize à la douzaine. Moi j’en veux pas, surtout pas. Le monde est plein d’escrocs, faut se méfier.

Je le lui ai dit à mon psy. Je lui ai dit : « le moment est venu de parler franchement docteur,nous allons nous attaquer au sujet, cette fois on ne va pas se défiler ».
Moi j’étais résolue. Carrément déterminée. J’ai peur de rien. C’est juste que j’aime m’organiser. Il y a des moments pour faire les choses et il y a des moments pour en parler. Faut anticiper.
Mon psy, je le vois toutes les semaines… le vendredi. C’est un rite, le vendredi à 13 heures… faut savoir gérer son temps. Et puis faut pas avoir peur d’y aller.
Mon psy me dit que le vendredi c’est pas le bon jour pour en parler. Il a une espèce de moue que je n’arrive pas à bien interpréter. L’air un peu dégoûté, genre « moi je ne mange pas de ce pain là » et même un peu pédant, style « ce n’est pas mon genre, je suis au-dessus de ça ».
Une fois, j’ai eu l’impression qu’il avait peur. C’était pas un vendredi comme les autres, je ne sais pas. Il avait pas l’air dans son assiette.Mais bon, je ne suis pas certaine, ça a été très fugitif. Il s’est vite ressaisi. Mais quand-même, j’ai vu l’inquiétude dans ses yeux. Un éclat, un bref instant, mais je sais ce que j’ai vu. Je ne sais pourquoi, ce jour là, j’ai payé la consultation 12 999 francs. Ca m’a quand même fait bizarre, comme si il fallait pas en parler… et ce jour là encore moins que les autres. Un gros non dit qu’il faudrait surtout pas chatouiller...Bizarre.

Il m’a proposé de changer nos rendez-vous. Mais je lui ai répondu que je ne suis pas disponible le samedi. Alors il m’a dit qu’on pourrait au moins changer l’heure. Il m’a proposé 18 heures à la place de 13 heures.
Mais c’est trop tard. Les choses, il faut en parler avant qu’elles se produisent. Après, c’est foutu. Elles arrivent et on n’y peut plus rien.

Bonnes ou mauvaises, là n’est pas la question, elles se produisent parce que c’est le moment. Le jour J comme on dit. On peut pas compter sur le hasard. C’est risqué.

Je vous l’ai dit, ou peut-être pas, je ne sais plus, y a des moments quand j’y pense trop je deviens vaguement confuse. Non, je ne suis pas superstitieuse. C’est seulement qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Je suis prudente. Et prévoyante. Rien de plus.

Je suis contente qu’on en parle aujourd’hui. Ca me fait du bien, c’est comme un allègement. Parce que c’est lundi et qu’on est là entre nous. Y’a une bonne ambiance, c’est gai, c’est détendu. Et puis Y’ a Samir qui a eu cette remarquable idée d’aborder enfin le sujet ouvertement…et puis il y a Arnaud, Diégo et les autres. Mais au fait, on est combien ?

Ah, douze… C’est bien, c’est un bon chiffre. C’est un chiffre pair. Rond, propre, sans surprise et rassurant. Douze, Ca permet de faire des binômes, des paires justement. C’est bien de réfléchir à deux. A deux… on est plus forts. On se sent rassurés.
Mais c’est quoi ce bruit dans le couloir ? J’entends des pas. Je vous parie que c’est Grégoire. Il se trompe tout le temps Grégoire, je crois qu’il a des problèmes de calendrier. Mauvaise gestion du temps. Trop insouciant, Grégoire. Un jour ou l’autre, ça lui jouera des tours.

Au fait, ça faisait longtemps qu’il était pas venu. Alors on va être treize. Mais bon, c’est lundi. Je reste. Je vous l’avais bien dit que je ne suis pas superstitieuse.

Brigitte

dimanche 29 novembre 2009

Mot extraodinaire: Paraskevidékatriaphobie

Gabrielle nous propose :

Perles du bac philosophie 2009: sujet en section scientifique. Voici ce qu'un candidat a écrit à propos du sujet:
"Vous tenterez d'expliquer le terme Paraskevidékatriaphobie à partir de vos connaissances scientifiques"

"Si je décompose ce mot imprononçable en différents mots dont le sens est connu, il ne me restera ainsi qu'à développer les mots au 1er abord vide de sens. Ainsi "Para" pourrait être la solution pour se protéger d'une peur (phobie) de "skevidékatria".
Skevidékatria pourrait être le nom d'une pathologie découverte par un biologiste russe, récompensé sans doute par un prix Nobel en son temps.
Il s'agirait d'une maladie génétique affectant le 3ème segment d'ADN (en russe, cela se prononce KA TRIA). Chaque segment d'ADN ayant une codification spécifique, celui-ci a été référencé sous le sigle SKE (Segment KE), le 2ème segment étant SJD (ouf, on l'a échappé belle, encore plus imprononçable).
Il ne restait ainsi plus qu'à expliquer "Vidé": facile!
Notre savant fou aurait défini une peur irrationnelle face à une situation à moitié inachevée ou à moitié accomplie: le syndrome du 1/2 vide ou du 1/2 plein.
La solution définie par notre sympatique russe face à cette pathologie serait simplement de stopper le processus en .. se jetant ... dans le vide !!!!
Et oui solution radicale mais Ô combien efficace, testé par son auteur lui-même"

L'histoire ne nous dit pas si le candidat a réussi son bac ou si lui aussi, face au désastre de sa copie, a tenté de se jeter dans le vide atteint par l'incertitude du "à moitié réussi ou à moitié échoué".

lundi 9 novembre 2009

Sandwich savoureux

La contrainte ?

Un sandwich :
- 1ers mots : Les deux délinquants s’élançaient
- les derniers: Ce fut face

Le reste écrit par Fabienne alias Fab


Les deux délinquants s’élançaient hors de la prison, silencieusement, comme deux félins gardés trop longtemps en cage. C’était la nuit et ils priaient pour que le maton du mirador ne les éclaire pas. Il y avait un passage dangereux, la cour, où il n’y avait rien pour se cacher... mais ce soir, par chance, rien ne bougeait dans cette nuit sans lune.
Ils avaient bien calculé leur coup et couper les barbelés à l’endroit le plus abîmé fut un jeu d’enfant pour eux.

Ils s’élançaient donc aussi vite que leur permettait leur souffle patiemment entretenu dans la salle de sport de la prison, mais la chaîne qui les reliait les gênait et entravait leur course. Il fallait faire un effort, synchroniser leurs mouvements.
Quand ils traversaient une route, ils ralentissaient l’allure et se cachaient derrière un buisson pour voir si personne ne venait. On ne voyait rien dans cette nuit d’encre, sauf quelquefois le brillant aléatoire de l’acier des menottes.

Ils coururent ainsi jusqu’aux premières lueurs de l’aube, traversant des creeks, s’éloignant des maisons endormies, évitant tout chemin où ils auraient pu faire de mauvaises rencontres. Les mauvaises rencontres auraient été, évidemment, pour ceux d’en face.

Le jour naissant les surprit dans une forêt dense. Bien. Ils pourraient se reposer un peu sous la canopée. Aucun hélicoptère ne pourrait les deviner. Ils avaient chaud et faim et soif, mais ils s’endormirent comme une masse.
Le soir arrivant, ils reprirent leur course folle, un peu plus affamés, mais avec cette rage de bête traquée. Aller le plus loin possible, ne pas retourner dans cet enfer... ces phrases résonnaient dans leur tête, scandées comme un leitmotiv.

Ils en étaient sûrs : les télévisions de tout le pays devaient déjà être en train de diffuser leur portrait, en habit de bagnard, de face, de profil, patibulaires pour tous... pour tous ceux qui ne savaient pas....
Ils arrivèrent à l’orée d’un village et la faim fut la plus forte. Ils choisirent une petite maison isolée, la seule éclairée d’une faible lueur. Lentement, ils en firent le tour... Apparemment personne.
Ils essayèrent d’ouvrir la porte qui céda facilement. Contrairement à leur attente, la petite pièce n’était pas vide. Au coin de la cheminée, une jeune femme pleurait. Au bruit qu’ils firent en entrant, elle leva la tête et eut comme un soupir de soulagement. Ils lui parlèrent doucement, pour ne pas lui faire peur, conscients que leur aspect devait être effrayant. Mais ce n’était pas la peine, elle n’avait pas peur d’eux, seule sa solitude la terrifiait....
Elle leur prépara silencieusement un repas chaud, simple et bon qu’ils mangèrent tout aussi silencieusement. Ils se sentaient bien, en sécurité... Elle les regardait en souriant.

Maintenant, il fallait agir. D’abord trouver des outils pour couper leurs entraves. Ce ne fut pas une mince affaire de scier la chaîne. Ensuite, les menottes...
Une fois que ces jumeaux d’infortune furent libres, il fallut bien songer à la suite de leur plan : savoir lequel des deux allait se faire prendre, sciemment afin que l’autre puisse s’évader et disparaître... définitivement.
Ils lui demandèrent de choisir pour eux, elle qui ne les connaissait pas. Alors, ne sachant que faire, elle sortit une pièce de monnaie de sa poche le les laissa choisir leur destin : pile ou face ?

Elle lança la pièce si haut qu’elle retomba à l’autre bout de la salle, presque dans la cheminée. Elle alla la ramasser et la tint dans son poing fermé. Tout deux retinrent leur respiration. Ils ne voulaient pas savoir tout de suite... encore quelques minutes dans ce havre de paix, en liberté.
Quand finalement, la main tremblante s’ouvrit, ce fut face.

samedi 31 octobre 2009

Lueur

Séisme au creux de mes reins
En ce jour de décembre
Et demain?
Rien, attendre
Que la tempête cesse
Que la rage diminue
Tristesse
D'un avenir nu
Nulle branche où me poser
Désert de ruines
Tant d'immensité
En moi la famine
Peur de ne plus se souvenir
De ta voix, de ta peau
Finir
Aux abois
Peur d'avancer
Dans la nuit, si nuit
Pour l'éternité
Oiseau tombé du nid
Tutoie les cieux
Belle âme
Je crie aux dieux
Ventre en flammes
Montre moi le rivage
Sans larme
Et ton visage
Je n'ai plus d'armes
Pâle lueur d''espoir
Une étoile
Dans tout ce noir
Ma voile
Ivresse de l'amour
Dans mon cœur
Toujours
Je n'ai plus peur

proscrination

Je suis prosternée
Devant tant de proscrination
Du coup j'me fais prostituée
Attention!
Pour procréer seulement
Ou professeur
Pour promouvoir la proscrination
Propriétaire ça fait riche
Prolétaire c'est mieux
Profiteur c'est pas mal!
Bon, j'ai une proposition
Une profiterolle!
Profitez-en bande de proscrinateurs!

dimanche 4 octobre 2009

Le recueil suspicions 2009 est inauguré

Pour découvrir les nouvelles écrites par les participants des ateliers d'écriture du "bois de jade" millésime 2009.

Frédérique nous fait l'honneur d'ouvrir le bal cette année avec un texte au nom évocateur & intriguant: 2 jours à tuer!

Pour le découvrir:


Rendez-vous sur : http://receuilsuspicions.blogspot.com/

Bonne lecture et à vos plumes si vous souhaitez contribuer.

mardi 15 septembre 2009

Un extrait arraché au bal des innocents

Et qui ne fera donc finalement pas partie de mon prochain livre...

Pourtant, d’habitude, rien ne lui était plus intellectuellement insupportable qu’un bouchon. La liberté individuelle y est réduite au choix d’une file ; la résignation et la frustration sont les uniques moteurs de ce périple au gré du troupeau mû par un invisible berger guidant ses bestiaux aux pâtures avec lenteur. Seules quelques bêtes indisciplinées brisent cette monotonie en essayant de remonter vers la tête du troupeau en utilisant le chemin réservé aux chiens de garde et aux vétérinaires de cette faune métallique. Ces derniers sont faciles à repérer avec leurs beaux regards orange clignotants, il leur arrive de prendre sur leur dos une ou plusieurs brebis malades. Les chiens de garde, quant à eux, sont très bruyants ; leurs cris sont stridents et se propagent très loin. Pour les reconnaître, lorsqu’ils sont silencieux, les codes sont simples : lorsque leur toison est blanche, elle est tatouée de belles lettres bleues, ou inversement. Leurs regards aussi clignotent et colorent le matin gris d’un sublime bleu électrique. Ce regard perçant a la faculté de réveiller les animaux endormis et de calmer immédiatement les agités.

mardi 8 septembre 2009

les corbeaux

le vent soufflait depuis l'aurore,
perdu dans ma rêverie,
je l'imaginais tel une main carressant un corps,
il dessinait dans l'herbe haute des arabesques,
ce n'est que tard que je pris conscience que je l'imitais!

mardi 1 septembre 2009

So long my friend...

Il venait d'avoir 17 ans, affichait une carrure aguichante et son nom passait déjà de lèvres en lèvres.

Sa couleur ambrée et ses origines insulaires quasi-calédoniennes étaient autant de promesses qui resteront sans finalités.

Les milliers de kilomètres que nous venions de parcourir ensembles, dos a dos, annonçaient de belles ivresses réminiscences communes.

Mais voila qu'une autorité vile, mercantile et perfide s'est interposée, s'octroyant le droit de nous séparer et de te bannir.

Même la lecture de l'excellente prose poétique St pierraise d'Alexis Gloaguen, pourtant savourée face au skyline de Sydney embrase d'un lever solaire flamboyant, ne parvient pas a calmer mon chagrin.

Talisker selection 1992 des distilleurs, je te pleure...

septembre 2009, aéroport de Sydney

samedi 22 août 2009

Les briseuses de veillée

Briseuses de veillée

Par Samir Bouhadjadj

Nouvelle écrite à Ouessant dans le cadre du salon du livre insulaire 2009

Challenge Marat'o'Tweet initié par Mister Bud & Gwen Catalàn

Spéciale dédicace à Diego Djorquera, alias Diego le magnifique, pour le fond de documentation à l'origine de cette histoire Ouessantine,

Le pas de Pierre était lourd ce matin.

Il accompagnait le maire du bourg et portait l’écharpe bleue du syndicat des gens de la mer, l’étoffe porteuse de drame et de larmes.

En cette matinée du 13 septembre 1965, la nouvelle qui colporte est encore plus triste que toutes les précédentes.

La veuve présumée pour laquelle ils entament la procession de la proella n’est autre que Anne-Marie Malgorn, née Le Bihan.

Depuis leur enfance Pierre Le Bihan avait protégé sa dernière sœur, sa princesse.

Aujourd’hui le tandem avait la lourde tâche de procéder au tour des proches et de la famille pour finir par la maison où les deux hommes passaient fréquemment boire le coup.

La mort dans l’âme, le funeste couple atteignit la maison des Le Bihan, les parents de Mathieu.

Le beau-frère de Pierre s’était embarqué depuis deux semaines sur l’attrape cœur, thonier armé à Concarneau et battant pavillon breton dès qu’il était en mer, à l’abri des regards.

Nom qui prenait aujourd’hui une connotation que certains n’hésiteraient pas à interpréter comme un présage qui aurait dû être évité.

Sans être totalement superstitieux, les gens de la mer portaient une importance significative aux noms de leur embarcation, l’attrape cœur s’était transformé en attrape veuves.

Alors que Pierre gravissait le chemin menant à Toul Al Lann il fut aperçu par la vieille Le Cleach.

Voyant le représentant du syndicat des gens de mer arborer l’écharpe bleue elle se signa et commença une prière silencieuse pour que ‘le petit’ passe son chemin sans s’arrêter chez elle.

Pierre souffla autant pour l’effort physique qu’il était en train d’effectuer que pour le poids grandissant de la nouvelle qu’il colportait et partageait avec son élu communal.

Simone fut soulagée lorsque les hommes dépassèrent enfin son entrée mais fut presque immédiatement submergée par une larme de fond.

Une de ses voisines venait de perdre un mari ou un fils et n’allait pas tarder à l’apprendre ; maudite mer, maudite tempête.

Le vent poussait Pierre par rafales longues et pénibles. Ce vent qui l’approchait de ses obligations était certainement celui qui avait causé le naufrage de son beau frère au large des côtes irlandaises.

Ironie du sort, l’orientation de ce coin du bourg faisait siffler Éole d’un chant mélodieux et faisait danser les herbes folles dans un ballet soyeux.

Pierre et Jean Tartin arrivèrent enfin devant la demeure des Malgorn. Depuis la petite fenêtre donnant sur la cour, la mère de Jean-Charles Malgorn comprit instantanément.

Elle venait de passer une nuit agitée et avait senti les vents mauvais des grandes marées, annonciateurs de mauvais augure.

La nuit lui avait été pénible. Des rêves de grèves vides et de galets gris tombant des toits du bourg de Lampaul, puis une invasion de varech avait envahi son jardin…. Cela ne présageait rien de bon.

Le vision du duo abattu lui fit battre le sang dans les tempes si fortement qu’elle n’entendit pas les coups sur sa porte.

Elle fut même incapable de se souvenir de l’entrée de Pierre ainsi que de ses mots. Une seule chose était restée gravée : le mouvement de ces lèvres prononçant le prénom de son dernier fils vivant.

Jean et Pierre laissèrent Charlotte Malgorn aux bons soins des voisines ayant convergé vers sa demeure. La nouvelle s’était propagée à la vitesse d’un cheval au galop.

Ils étaient maintenant sur la route de la dernière annonce, la plus dure, celle qu’il aurait préféré ne jamais avoir à faire : le veuvage de la sœur de Pierre.

Il connaissait l’île et les conséquences habituelles de ce genre d’événements. Vu le peu d’hommes vaillants et candidats au mariage, une veuve habitant à Ouessant avait toutes les chances de le rester.

Malgré l'immense statut matriarcale de l'île, n’ayant pas encore eu d’enfants, elle avait donc toutes les chances de devenir, de fait, une branche morte, une âme en équilibre au bord du précipice de l’oubli.

Le vent, maintenant de face, forcissait et le ciel s’assombrissait lourdement. La tempête allait s’abattre sur l’île d’ici quelques heures mais Pierre n’avait pas l’âme à penser aux préparatifs nécessaires pour mettre son matériel à l’abri.

Les longues balades en compagnie d’Anne-Marie à la recherche du bois flotté lui revenaient en mémoire.

Leurs escapades à la fois incontournables, vitales pour se chauffer et bourrées d’aventures, corvées transformées en joies enfantines, découvertes chargées des codes et mystère de l’île.

Il fit la route dans une léthargie rêveuse. Son angoisse se perdait dans le paysage qui s’ébrouait sous les assauts du vent. Il était anesthésié par les éléments.

Les derniers pas menant à la maison d’Anne-Marie le ramenèrent à la sombre réalité de sa visite. Une ombre pris forme derrière le rideau, il ne pouvait plus faire machine arrière.

Compte tenu de la proximité familiale de cette dernière annonce, le maire fit son devoir de présence avec deux pas de recul et laissa Pierre seul dès qu’il pesa sur le penne de la porte.

Anne-Marie comprit. Le teint verdâtre des visages qu’elle connaissait si bien et leur association formelle l’informèrent immédiatement du ton de la visite.

Elle aurait pu s’effondrer mais sa seule réaction fut de retourner à son four pour l’alimenter en bois. A défaut d’un far, il faudrait en préparer une demi douzaine afin d’accueillir dignement les proches de son mari disparu en mer.

Alors que Pierre essayait vainement de la consoler, Anne-Marie priait déjà pour que l’on retrouve le bateau.

L’espoir un peu enfantin de croire à une erreur de transcription d’un des sémaphores ou à un problème de la radio du navire.

Le capitaine de l’attrape cœur connaissait leur zone de pêche comme le dos ridé de sa main. Elle avait aveuglement confié son homme au commandant Groissant.

Ce dernier était un homme d’une trempe rare et d’un cran à toute épreuve.

Que son navire ait pu disparaître corps et biens sans laisser de trace était impossible. Du moins, c’est dans la force de cet homme qu’elle mettait ses espoirs de revoir Jean-Charles.

Anne-Marie ne pouvait se faire une raison, ses rêves d’enfants courant dans ses jupes avaient trop parfumé ses sens et ses nuits pour que la réalité lui reprenne tout cela aussi brutalement.

Dans ses songes, le petit garçon qui l’accompagnait avait bien trop les traits de l’élu de son cœur pour ne pas être le fruit de leur amour.

Persuadée du caractère prémonitoire des différentes visions qu’elle avait ressenti, elle ne pouvait donc pas imaginer une seule seconde que la mer d’Irlande puisse l’en priver.

Pourtant sa maison commençait doucement à se remplir de proches et d’amies en larmes. Cependant, ses yeux restaient secs et ses pensées lointaines malgré les vagues de cris déchirants qui montaient en puissance.

Le zénith des décibels plaintifs fut atteint à l’arrivée de la mère du défunt. Les cris devinrent hurlements, les pleurs rivières et les accolades profondes.

La veillée commençait comme tant d’autres l’ayant précédée et elle avait de grandes chances de finir dans la même tristesse désuète et vide de sens.

Pourtant, alors que toutes les robes noires se mêlaient et que les mouchoirs s’humidifiaient, deux vieilles femmes inconnues s’approchèrent d’Anne-Marie qui venait de sortir dans le jardin pour tirer de l’eau au puits.

La première attrapa son visage à deux mains et commença à chanter un air inconnu et mystérieux. Anne-Marie fut happé par cette litanie, ses yeux basculèrent dans leurs orbites.

Alors que son échine se raidit brutalement, la seconde briseuse de veillée posa sa main sur le front de la jeune femme, elle s’écroula au sol tel un chiffon froissé.

Anne-Marie se réveilla deux jours plus tard. Jeannette sa voisine et amie la veillait et l’accueillit avec un sourire compatissant.

Elle lui raconta la fin de la veillée et sa découverte inerte dans le jardin. Tous les habitants présents à la veillée avaient conclu à la violence du contrecoup et lui espéraient un prompt rétablissement.

Son inertie n’avait échappé à personne et cette perte de connaissance les rassurait presque.

Pourtant à son réveil, Anne-Marie était plus que jamais certaine que le retour de son homme n’était plus qu’une question de temps.

Jamais elle ne dévoilerait le secret de la visite des briseuses de veille, son destin en dépendait.


jeudi 30 juillet 2009

Ta main

Ta main sur ma mouche
Ma main sur ta bouche
Mange le miel de ma peau
Miroirs éparpillés
Mauve et musc
Inondent notre couche
Merveilles et mots
Flottent sur cette mer
Mirage ou magie
Frappent à notre porte
Malicieux ou mignons
Jeux multiples ou minis
Ta mine d'amour
Me magnifie
Musarde et mystique
Mes mimes te multiplient
Moisson ou pamoison
Les deux me minisculent
Mie et myrtilles
Mordent nos chairs
Ta mèche sur ma joue
Délice moment de mélange

mercredi 22 juillet 2009

Rien ne vaut la clarté du message

Mes sages sont amers,

Ta mère porte des tresses,

Détresse calédonienne.

Calédonienne, trois qui la tienne cent mille fois plus qui l’habitent.

L’habitude fait loi à défaut de toit.

Toi, tu observes tout ça en ne pensant qu’à toi.

Toit si cher à ta liberté, égalité, fraternité

Pas frapper sur les sans-foyers, pas frapper sur les sans-papiers.

Pas pieds nus, pas va-nus pieds, papiers nus si pas payés.

Six papayers pour toute richesse et le cœur comme toit.

Toisant d’en bas un monde tourné vers le haut,

toisant d’en bas un monde qui leur a tourné le dos.

Le dossier épais l’attend sur l’étagère.

L’état gère son cas librement.

Son calibre ment lorsqu’il se croit silencieux.

Six lances, yeux fermés,cent lances oyez fermiers sans vaches ni tâches :

l’attaché case nourrit son homme seulement si le code ouvre les serrures,

car si le code est ouvert au mauvais article, les bons comptes tournent et l’escroc perd ses amis.

Les crocs n’ont plus que la mie.

L’ami partage ton pain tant qu’il est frais,

les frais d’avocats en moins, la noblesse d’âme en bonus.

Dame! En bon us, un bien vaut mieux que milles scélérats.

Les rats quittent le navire s’il prend l’eau, jamais lorsqu’il prend le large.

Larguons les amarres, marre des simulacres, il est l’heure d’affûter les compas.

Comparons les prix et ajustons les coûts (‘coutes’).

L’écoute amène la hauteur et en bonne vigie nous éviterons les écueils et trouverons la passe,

La passerons ensemble, main dans la main,

comme pour cette poignée, demain est historique.

Prenons enfin le temps de bâtir en fin un vrai happy-end :

le destin commun !

.

samedi 18 juillet 2009

soi en note

L’Son prisonnier d’l’être.

et prit (prix ?) l’sonnet en mal d’être

pria d’sonner dans l’être.

de chanter, de vivre, d’être quoi ?

Quoi ?,

l’est rien qu’un croâ qui jacasse

comme une bille noire...pourvue de stimuli multiples.

pauvre de ressentis ?

peau d’aile même !

pauvre d’elle ?

juste une peau d’aile vit voit

dans l’obscurité !

et parle de vive voix…

Que vive aussi sa voie !

Qu’elle soit entendue

et qu’elle vive bien sûr !

vive le Soi entendu !

o bons écouteurs-Salut!